L’équipe des Éditions Hermann
Comme tous les ans, l’équipe des Éditions Hermann s’est réunie autour d’un déjeuner pour fêter la fin d’année.
L’occasion de prendre une photo. Et l’occasion, grâce à elle, de présenter à tous ceux qui suivent l’actualité de nos livres sur ce blog l’équipe du 6 rue de la Sorbonne.
Avec, de gauche à droite, Christine Léon, secrétaire éditoriale ; Rénaté Grandjean, responsable administrative ; Daphnée Gravelat, attachée de presse ; Amélie Cahard, commerciale.
Catherine Malabou au chevet des « identités meurtries »
Pour Le Monde des Livres, Stéphane Legrand a rencontré la philosophe Catherine Malabou qui publient en même temps trois ouvrages : La Chambre du milieu. De Hegel au neuroscience dans la collection Le Bel Aujourd’hui des Éditions Hermann que dirige Danielle Cohen-Lévinas bien sûr ; mais aussi Changer de différence. Le féminin et la question philosophique aux Éditions Galilée ; et La Grande exclusion. L’urgence sociale, symptôme et thérapeutique, avec Xavier Emmanuelli, aux Éditions Bayard.
Pour Stéphane Legrand, il ne fait pas de doute que ces trois livres n’ont pas été publiés ensemble par hasard tant, pour lui, il évident qu’ils traitent à chacun à leur manière du même problème : les « identités meurtries » : celles des grands traumatisés, des malades atteints de la maladie d’Alzheimer dans La Chambre du milieu ; celles des femmes (notamment en philosophie) dans Changer de différence ; et celle des victimes de l’exclusion sociale dans La Grande Exclusion.
Extrait du portrait de Catherine Malabou dans Le Mondes des Livres du 18 décembre 2009 :
« Catherine Malabou dira être née en Algérie, avouera être normalienne, évoquera la thèse sur Hegel qu’elle a rédigée sous la direction de Jacques Derrida (…). Pour le reste ? "Vous savez, élude-t-elle, ma vie n’est pas très intéressante". On se tourne alors vers ses concepts, et à l’évidence cela lui convient mieux. Celui de "plasticité" notamment, qu’elle a justement découvert chez Hegel et n’a cessé d’élaborer depuis, pour en explorer toutes les implications.
La plasticité, c’est l’aptitude à maintenir une identité tout en évoluant, en muant, en se transformant au contact de l’environnement et selon les aléas des circonstances. En neurologie, la plasticité cérébrale désigne la capacité qu’ont les synapses de moduler leur fonctionnement sous l’effet de l’expérience, donc de l’apprentissage, ce qui signifie que le cerveau n’est pas "rigide", mais évolutif, ouvert, en transformation constante.
Elle raconte en souriant que cette orientation décisive de son travail s’est dessinée initialement par un hasard : "J’étais tombée sur un numéro de La Recherche qui portait sur la mémoire, et dont l’un des articles évoquait la plasticité neuronale. Je me suis rendue compte que c’était exactement cela que je travaillais chez Hegel."
Ce qui l’a intéressé dans cette rencontre fortuite, c’était d’y trouver "la traduction d’un concept dans les choses-mêmes", l’incarnation imprévue d’un pur objet de pensée dans un problème concret. Et c’est dans cette optique qu’elle a mené de nombreux travaux sur les neurosciences (c’est ce dont témoigne d’ailleurs La chambre du milieu. De Hegel aux neurosciences, Hermann, 2009), cherchant à traiter par ce biais un problème à la fois politique et métaphysique, celui de la liberté. Comment penser cette dernière comme, non pas conquise contre l’inertie physique et le déterminisme naturel, mais directement inscrite dans le corps, immanente aux replis de la matière ? »
À lire également :
l’entretien de Catherine Malabou avec Robert Maggiori dans Libération (cliquez ici)
le portrait de Catherine Malabou réalisé par Juliette Cerf pour Philosophie Magazine (cliquez ici)
Savoir vivre pour savoir exister
Dans Le Monde Magazine daté du 19 décembre, Jean Birnbaum consacre sa Pop’Philosophie de la semaine au dernier livre de Jacques Schlanger, Savoir être et autres savoirs, paru dans la collection Philosophie des Éditions Hermann, dont j’avais personnellement trouvé la lecture extrêmement stimulante, tant sa pensée est claire et tant son propos touche au primordial. D’ailleurs, avant que de citer l’article de Jean Birnbaum, je ne résiste pas à en donner un extrait dans lequel il explique la différence entre le plaisir et la joie : " La joie survient en nous, elle nous envahit de l’intérieur de nous-mêmes, alors que le plaisir, que nous le poursuivions où qu’il survienne, nous vient de l’extérieur : j’ai du plaisir, je ressens de la joie. On ne peut pas se procurer la joie, elle s’empare de nous, elle apparaît pour ainsi dire d’elle-même en nous."
« Avertissement aux amateurs du développement personnel : il ne s’agit pas d’un guide pour devenir heureux en dix leçons. D’une plume savante et sereine, Schlanger revient plutôt, ici, sur deux problèmes classiques en philosophie : Qui suis-je ? et Que sais-je ? Afin de nouer ensemble ces questionnements, il décrit quelques situations cognitives, autrement dit des moments quotidiens qui mettent en jeu nos capacités mentales et notre puissance d’apprentissage. Je sais frémir, je sais nager, je sais lire, je sais conduire, je sais enseigner, je sais rire : bien qu’extrêmement divers, assure Schlanger, ces types de savoir forment une seule et même expérience. Surtout chacun d’entre-eux se déploie à partir d’une compétence primordiale : le savoir vivre. »
Jean Birnbaum, extrait de « Savoir vivre pour exister » in Le Monde Magazine, 19 décembre 2009
Pour contacter Jacques Schlanger, écrivez-moi à l’adresse suivante : daphnee.gravelat@editions-hermann.fr
Comprendre le phénomène de la croyance collective : l’exemple du Père Noël
Ce mercredi, Gérald Bronner, sociologue, spécialiste des croyances et auteur de Vie et mort des croyances collectives paru, en 2006, dans la collection Société et Pensées qu’il dirige aux éditions Hermann, était l’invité de Raphaël Enthoven pour un Nouveau Chemin de la connaissance consacré précisément aux croyances collectives. Pour écouter l’émission, cliquez ici.
Tous deux se sont arrêtés pour donner à comprendre aux auditeurs le phénomène des croyances collectives sur un exemple qui est particulièrement d’actualité en ce mois de décembre et auquel Gérald Bronner consacre un chapitre dans son livre : celui du Père Noël.
« Il existe une croyance qui est l’objet d’une adhésion (presque) unanime et d’un rejet (tout à fait) unanime : celle qui affirme l’existence du Père Noël. Même si je ne suis pas le premier sociologue à m’intéresser à ce personnage et aux rituels qui l’entourent, il me semble que nous avons là un terreau (…) vierge pour l’étude de la dynamique des croyances. Il offre, en effet, l’avantage de présenter une croyance indiscutablement fausse et un support pour nourrir les interrogations sur le mécanisme d’abandon de la croyance (…). Pourquoi les enfants croient-ils au Père Noël ? (…) Le premier des arguments, et celui qui vient immédiatement à l’esprit, est qu’à l’âge où on leur propose cette croyance, les enfants ne sont pas en mesure de la trouver douteuse, d’autant moins que leurs parents jouent presque toujours un rôle central dans sa diffusion et qu’ils sont naturellement investis par l’enfant d’une grande crédibilité. (…) En outre les parents ne sont pas les seuls dans ce complot, puisque les autres membres de la famille , les professeurs et même les autres enfants fréquentés dans les cours d’école semblent, dans un premier temps, croire. En résumé, avec l’argument que tous ne peuvent être unanimes dans l’erreur, l’enfant est ce qu’on peut appeler un monopole cognitif, c’est-à-dire qu’aucune offre cognitive concurrentielle ne se propose encore. Il n’a donc a priori aucune raison de ne pas endosser cette croyance, d’autant qu’elle apporte la solution à un problème mystérieux : qui apporte les cadeaux le jour de Noël ? »
Gérald Bronner, « Les croyances finissent par disparaître : l’exemple du Père Noël » in Vie et mort des croyances collectives
Illustration : le Père Noël tel qu’il est représenté dans un publicité américaine des années 30
L’auteur de "L’école et son double" réagit dans "Le Figaro" à la réforme de l’enseignement de l’histoire-géographie
Nathalie Bulle, sociologue au CNRS, spécialiste des questions d’éducation et auteur de L’école et son double qui a paru en février dernier, dans la collection Société et Pensées que dirige Gérard Bronner aux éditions Hermann, a réagi ce lundi dans Le Figaro à la réforme de l’enseignement de l’histoire-géographie.
« Faire de l’histoire-géographie une option en terminale S, par la réforme du lycée, met en péril la conscience civique et l’esprit critique de ceux qui auront eu tort d’aimer les sciences ou d’espérer à travers elles un avenir plus sûr. (…)
Depuis plusieurs décennies déjà, la qualité des formations intellectuelles et culturelles des élèves français n’est plus un enjeu pour les politiques éducatives. (…) Nos enfants apprendront à bien se tenir et à effectuer des recherches sur Google, mais n’auront plus les moyens de comprendre une théorie scientifique. Ces croyances sont commodes pour les politiques, car elles donnent l’illusion de la démocratie. Les compétences semblent dépasser les frontières culturelles, être universelles. Elles sont instrumentales, passent pour socialement utiles. (…) Acquises par la pratique et l’expérience, elles légitiment les soustractions des horaires des disciplines. Ainsi s’est installé en France un anti-intellectualisme éducatif particulièrement dangereux. »
Nathalie Bulle, « Histoire-géographie : un pas vers la barbarie ? » in Le Figaro, 14 décembre 2009
Qu’est-ce qu’être français ? Le livre et le débat public
« Ça fait plusieurs mois, voire plusieurs années, que l’Institut Montaigne prépare cette rencontre. L’illustration, vous l’avez à côté de vous, c’est ce livre, Qu’est-ce qu’être français ?, qui est un recueil de témoignages. On parle beaucoup d’identité nationale depuis quelques semaines. Et, j’ai cru comprendre que l’Institut Montaigne préfère parler d’identités de la France, qui est une formule moins réductrice et qui laisse place à la diversité. L’identité, c’est un mot puissant. C’est un très beau mot. Mais, c’est aussi un mot plein de menaces. On est là pour en discuter toute la matinée… »
Prix de l’Évolution psychiatrique décerné à Jean-Louis Feys pour son livre "L’anthropologie de Jacques Schotte. Une introduction"
Ce samedi 5 décembre, à la librairie Lipsy, sise au 15 de la rue Monge dans le Ve arrondissement à Paris, sera remis le Prix de l’Évolution psychiatrique à Jean-Louis Feys pour son livre paru dans la collection Psychanalyse des Éditions Hermann que codirige Élisabeth Naneix : L’anthropologie de Jacques Schotte. Une introduction.
Le document de communication du Prix daté du 11 novembre précisait :
« Le jury a voté à l’unanimité pour le livre de Jean-Louis Feys. Il est rare de pouvoir dire d’un livre qu’il manquait. Or c’est un fait, Jean-Louis Feys répare une injustice liée à la personnalité du regretté Jacques Schotte, liée à la modestie et à la discrétion de celui qui s’est centré sur l’enregistrement oral, et qui a peu écrit. Jean-Louis Feys, son élève, s’est mis à son service pour offrir une extraordinaire synthèse de la pensée de Schotte, permettant désormais à tout un chacun de le lire grâce à l’écriture fidèle de celui qui l’a tant, et si bien écouté… »

