« Ni chose ni personne » dans LIBÉRATION le 14 mai 2009

14 mai 2009 at 12:54 (Bernard Edelman-Ni chose ni personne, Bioéthique, Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , )

Dans le Cahier Livres du Libération de ce jour, Robert Maggiori chronique Ni chose ni personne de Bernard Edelman.Libération-14 mai 09

En voici un extrait :

Il y a encore peu, malgré les «animaux machines » de Descartes, tout était clair : d’un côté il y avait les «choses » brevetables, de l’autre les «personnes », et, au milieu, les plantes et les animaux,dont certains étaient éventuellement utilisables comme « outils » mais irréductibles à des « choses ». Depuis, « le vivant animal a fait son entrée sur la scène du brevet », et est née la biotechnologie. En 1987, les États-Unis déclarent brevetables « tous les organismes vivants pluricellulaires non humains et non préexistants dans la nature, y compris les animaux qui sont les produits de l’ingéniosité humaine ». Et l’homme ? A-t-il un corps comme il « a »une maison ou un vélo ? Ses cellules sont-elles des « choses » ? Est-il propriétaire de ses organes, de ses « matières », de son sperme, de son plasma, de son liquide amniotique, de ses codes ADN ? C’est cette question qu’éclaire Bernard Edelman dans Ni chose, ni personne – titre qui explicite la thèse : le corps de l’homme n’est pas encore tout à fait une chose, bien qu’il soit déjà « un gisement de valeur, composé d’organes et de cellules qu’on peut vendre, louer, breveter », mais il n’est déjà plus tout à fait (d’)une personne. « Machine vivante ». Bernard Edelman a assurément une « tête philosophique » – on lui doit entre autres La maison de Kant ou Nietzsche, un continent perdu –, mais des « pieds » collés à la réalité, notamment celle, humaine, très humaine, qui se laisse voir sans fards dans les tribunaux et les cours de justice. Il est avocat, spécialiste du droit d’auteur, du droit de la presse, du droit de la personnalité. Et c’est justement l’approche toute juridique qui donne à Ni chose, ni personne son originalité. Dans mille ouvrages de philosophie, de morale, de psychologie, de sociologie, on trouve des développements sur la « choséification » de l’homme ou sa « marchandisation ». (…) Mais on avait rarement montré de façon aussi nette comment, par tel décret, telle décision de justice faisant jurisprudence, tel article de loi, s’est réalisée la « fabrication juridique du vivant », comment (depuis le Plant Act américain de 1930), on est passé de la mutation du végétal en « machine vivante » à la transformation de microorganismes animaux en « outils » brevetés, commercialisés, et, enfin, à la biologisation du corps humain. (…) Edelman parle beaucoup du cadavre, qui retrouverait le statut d’ « objet sacré » progressivement ôté au corps vivant. (…) Les statuts juridiques du fœtus, de l’enfant mort-né, de l’enfant sans vie, sont aussi abordés. Mais l’essentiel de Ni chose, ni personne, est cependant consacré au corps vivant, dont on se demande s’il est encore « nous-mêmes ». (…)  Edelman s’en réfère toujours à des cas juridiques. Le droit se révèle alors comme un sismographe des mutations sociales, morales, culturelles, enregistrées à travers la progressive « dépossession » du corps. Sommes-nous notre corps, si celui-ci peut désormais s’exploiter « hors de nous », constituer un marché, transporter ailleurs notre identité (qui est le visage greffé sur le visage, détruit d’un autre ?), se combiner à des « pièces » animales, voire informatiques, pour donner des « chimères d’un nouveau genre » ?

Pour lire l’article en intégralité, cliquez ici.

Pour en savoir plus sur Ni chose ni personne, consultez le dossier de presse du livre.

 

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