Prix Bourgogne Littérature 2009 pour « Le Nil est froid » de Guillaume de Sardes

27 novembre 2009 at 15:39 (Guillaume de Sardes-Le Nil est froid, Littérature, Prix, Roman) (, , , , , )

Guillaume de Sardes a reçu cet après-midi le Prix Bourgogne Littérature  2009 pour son roman Le Nil est froid publié en septembre 2009 aux édition Hermann.

Pour en savoir plus sur le livre, vous pouvez consulter la page qui lui est consacré sur le blog  en cliquant ici.

Guillaume de Sardes sera, par ailleurs, au Salon européen du Livre de Dijon tout le week-end pour dédicacer son livre et rencontrer ses lecteurs. Nous vous y espérons nombreux.

 

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Une histoire de mouche

25 novembre 2009 at 13:35 (Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , , , , , )

« J’ai l’impression que cet après-midi nous avons enculé les mouches ». Cette phrase entendue par Jean Birnbaum au Forum Le Monde-Le Mans le 14 novembre lui a donné l’idée du thème de sa Pop’ Philosophie de la semaine (Le Monde Magazine, 21 novembre 2009) : Hegel et son Qui pense abstrait ? publié dans la collection Philosophie des Éditions Hermann en 2007. Pour mémoire, rappelons que l’ouvrage proposait une traduction inédite en français du texte par Ari Simhon ainsi qu’un commentaire intitulé Hegel sans secret écrit également par Ari Simhon.

L’hypothèse de Jean Birnbaum est la suivante : l’auteur de la petite phrase, le mécontent, se révoltait contre les débats de l’après-midi qui privilégiaient la pensée abstraite plutôt que la véritable pensée, s’inscrivant de facto dans le sillage de Hegel et de son essai, Qui pense abstrait ? :

« Publié vers 1807, ce bref texte raille les individus qui fuient la pensée « comme on détale devant un pestiféré ». Promenant son lecteur à travers une galerie de personnages (l’assassin à l’échafaud, la marchande d’oeufs, le bourgmestre…), il met en scène l’idée selon laquelle la pensée abstraite n’est pas celle qu’on croit. Dans la version allemande, cette pensée est curieusement désignée par le terme « espèce », en français dans le texte. Ici péjoratif, le mot renvoie à un moment naturel qu’il faut dépasser pour accéder à l’esprit universel. Contre l’intuition immédiate et le discours spontané, qui n’accèdent qu’à une seule dimension des choses, la vraie pensée concrète relève d’une réflexion en mouvement, apte à tenir l’ensemble des contradictions du réel. Pour le maître de la dialectique, donc, tandis que le préjugé commun se révèle abstrait, voire entaché d’un « maniérisme vide », rien n’est plus concret que le concept. »

Jean Birnbaum, « Hegel prend la mouche », Le Monde Magazine, 21 novembre 09

 

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2012 : l’apocalypse ?

16 novembre 2009 at 15:19 (Dans l'actu !, Presse écrite, Radio) (, , , , , , , , , , , , , , )

Image de fin du mondeLe magazine Sciences et Avenir, dans son dernier numéro, consacre un dossier à la fin du monde.

S’appuyant sur la fin du calendrier maya, des auteurs, réalisateurs et une myriade de sites ont, en effet,  prédit la disparition de l’humanité  au moment du solstice d’hiver 2012 à la suite d’une succession de catastrophes naturelles.

David Larousserie a demandé à Wiktor Stoczkowski, chercheur au Laboratoire d’Anthropologie sociale de l’EHESS et auteur l’année dernière de l’ouvrage : Anthropologies rédemptrices. Le monde selon Lévi-Strauss, ce qu’il pensait de ces rumeurs apocalyptiques :

« Les rumeurs sur 2012 me semblent émaner d’une sous-culture occultiste. Elle prend ses racines au XVIIIe siècle, dans certains cercles illuministes, théosophiques et maçonniques, se retrouve ensuite chez les spirites du XIXe siècle et, de nos jours, chez les chasseurs d’extraterrestres. Elle est souvent très hostile à la science, même si elle propose une vision du monde qui est censée opérer une synthèse entre science et religion. Du coup, les arguments scientifiques ont peu de chances de convaincre ceux qui récusent toute autorité de la science. (…) Ces rumeurs sur 2012 sont ceux-ci de particulier qu’elles sont à la fois archaïques et modernes. Archaïques, car elles empruntent à un imaginaire apocalyptique très ancien, hérité de la tradition judéo-chrétienne. Modernes, car elles se servent des nouvelles technologies, comme Internet, pour se diffuser massivement. Elles appartiennent indéniablement à notre époque, car elles coïncident avec un discours, devenu récurrent au XXe siècle, qui décrit nos sociétés comme souffrant perpétuellement d’une crise. En fait, les sociétés contemporaines se transforment sans cesse, à grande vitesse, et nous manquons de repères. La crise est censée expliquer tout. Durant la dernière élection présidentielle en France, la plupart des candidats prônaient un changement radical de tous les domaines de la vie collective. Pourtant, aucune période historique, même lors de grandes révolutions, n’a connu des changements vraiment fondamentaux qui aient pu remodeler immédiatement la société de fond en comble. Que dire de la possibilité de «changer entièrement le monde», comme l’annonçait l’un des candidats, en l’espace des cinq années du mandat présidentiel ! Les structures sociales ont la vie dure. Il arrive aux politiques, aux occultistes ou aux experts scientifiques d’employer la même rhétorique eschatologique, même si les arguments auxquels ils recourent sont différents. Plutôt que de tenir des discours prônant une réforme rédemptrice, nous ferions mieux d’essayer de comprendre les sociétés dans lesquelles le changement permanent est voué à devenir le mode normal d’existence. »

Wiktor Stoczkowki, extrait de l’entretien qu’il a accordé à Sciences et Avenir

Pour lire l’entretien en entier, cliquez ici.

M. Stoczkowski a été, par ailleurs, l’invité de l’émission de Michel Alberganti sur France Culture, Science publique,  pour répondre à la question : Comment les rumeurs de fin du monde exploitent-elles la science ?

Pour écouter l’émission, cliquez ici.

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