2012 : l’apocalypse ?

16 novembre 2009 at 15:19 (Dans l'actu !, Presse écrite, Radio) (, , , , , , , , , , , , , , )

Image de fin du mondeLe magazine Sciences et Avenir, dans son dernier numéro, consacre un dossier à la fin du monde.

S’appuyant sur la fin du calendrier maya, des auteurs, réalisateurs et une myriade de sites ont, en effet,  prédit la disparition de l’humanité  au moment du solstice d’hiver 2012 à la suite d’une succession de catastrophes naturelles.

David Larousserie a demandé à Wiktor Stoczkowski, chercheur au Laboratoire d’Anthropologie sociale de l’EHESS et auteur l’année dernière de l’ouvrage : Anthropologies rédemptrices. Le monde selon Lévi-Strauss, ce qu’il pensait de ces rumeurs apocalyptiques :

« Les rumeurs sur 2012 me semblent émaner d’une sous-culture occultiste. Elle prend ses racines au XVIIIe siècle, dans certains cercles illuministes, théosophiques et maçonniques, se retrouve ensuite chez les spirites du XIXe siècle et, de nos jours, chez les chasseurs d’extraterrestres. Elle est souvent très hostile à la science, même si elle propose une vision du monde qui est censée opérer une synthèse entre science et religion. Du coup, les arguments scientifiques ont peu de chances de convaincre ceux qui récusent toute autorité de la science. (…) Ces rumeurs sur 2012 sont ceux-ci de particulier qu’elles sont à la fois archaïques et modernes. Archaïques, car elles empruntent à un imaginaire apocalyptique très ancien, hérité de la tradition judéo-chrétienne. Modernes, car elles se servent des nouvelles technologies, comme Internet, pour se diffuser massivement. Elles appartiennent indéniablement à notre époque, car elles coïncident avec un discours, devenu récurrent au XXe siècle, qui décrit nos sociétés comme souffrant perpétuellement d’une crise. En fait, les sociétés contemporaines se transforment sans cesse, à grande vitesse, et nous manquons de repères. La crise est censée expliquer tout. Durant la dernière élection présidentielle en France, la plupart des candidats prônaient un changement radical de tous les domaines de la vie collective. Pourtant, aucune période historique, même lors de grandes révolutions, n’a connu des changements vraiment fondamentaux qui aient pu remodeler immédiatement la société de fond en comble. Que dire de la possibilité de «changer entièrement le monde», comme l’annonçait l’un des candidats, en l’espace des cinq années du mandat présidentiel ! Les structures sociales ont la vie dure. Il arrive aux politiques, aux occultistes ou aux experts scientifiques d’employer la même rhétorique eschatologique, même si les arguments auxquels ils recourent sont différents. Plutôt que de tenir des discours prônant une réforme rédemptrice, nous ferions mieux d’essayer de comprendre les sociétés dans lesquelles le changement permanent est voué à devenir le mode normal d’existence. »

Wiktor Stoczkowki, extrait de l’entretien qu’il a accordé à Sciences et Avenir

Pour lire l’entretien en entier, cliquez ici.

M. Stoczkowski a été, par ailleurs, l’invité de l’émission de Michel Alberganti sur France Culture, Science publique,  pour répondre à la question : Comment les rumeurs de fin du monde exploitent-elles la science ?

Pour écouter l’émission, cliquez ici.

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