Comprendre le phénomène de la croyance collective : l’exemple du Père Noël

16 décembre 2009 at 12:14 (Gérald Bronner-Vie et mort des croyances collectives, Radio, Société et pensées, Sociologie) (, , , , , , , , )

Ce mercredi, Gérald Bronner, sociologue, spécialiste des croyances et auteur de Vie et mort des croyances collectives paru, en 2006, dans la collection Société et Pensées qu’il dirige aux éditions Hermann, était l’invité  de Raphaël Enthoven pour un Nouveau Chemin de la connaissance consacré précisément aux  croyances collectives. Pour écouter l’émission, cliquez ici.

Tous deux se sont arrêtés pour donner à comprendre aux auditeurs le phénomène des croyances collectives sur un exemple qui est particulièrement d’actualité en ce mois de décembre et auquel Gérald Bronner consacre un chapitre dans son livre : celui du Père Noël.

« Il existe une croyance qui est l’objet d’une adhésion (presque) unanime et d’un rejet  (tout à fait) unanime : celle qui affirme l’existence du Père Noël. Même si je ne suis  pas le premier sociologue à m’intéresser  à ce personnage et aux rituels qui l’entourent, il me semble que nous avons là un terreau (…) vierge pour l’étude de la dynamique des croyances. Il offre, en effet, l’avantage de présenter une croyance indiscutablement fausse et un support pour nourrir les interrogations sur le mécanisme d’abandon de la croyance (…). Pourquoi les enfants croient-ils au Père Noël ? (…) Le premier des arguments, et celui qui vient immédiatement à l’esprit, est qu’à l’âge où on leur propose cette croyance, les enfants ne sont pas en mesure de la trouver douteuse, d’autant moins que leurs parents jouent presque toujours un rôle central dans sa diffusion et qu’ils sont naturellement investis par l’enfant d’une grande crédibilité. (…) En outre les parents ne sont pas les seuls dans ce complot, puisque les autres membres de la famille , les professeurs et même les autres enfants fréquentés dans les cours d’école semblent, dans un premier temps, croire. En résumé, avec l’argument que tous ne peuvent être unanimes dans l’erreur, l’enfant est ce qu’on peut appeler un monopole cognitif, c’est-à-dire qu’aucune offre cognitive concurrentielle ne se propose encore. Il n’a donc a priori aucune raison de ne pas endosser cette croyance, d’autant qu’elle apporte la solution à un problème mystérieux : qui apporte les cadeaux le jour de Noël ? »

Gérald Bronner, « Les croyances finissent par disparaître : l’exemple du Père Noël  » in Vie et mort des croyances collectives

Illustration : le Père Noël tel qu’il est représenté dans un publicité américaine des années 30


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