Art et science : convergence ou divergence ?

25 février 2011 at 10:57 (Jean Marc Lévy Leblond-La science n'est pas l'art) (, , , , , , , )

Jean-Marc Lévy-Leblond est auteur aux éditions Hermann de La science n’est pas l’art. Sorti en fin d’année dernière, ce livre a suscité un réel intérêt auprès des médias. Le dernier article en date est celui de Simone Mazauric qui lui consacre une pleine page dans L’Humanité du 9 février 2011 que je vous invite à lire. Elle y retranscrit parfaitement les enjeux de La science n’est pas l’art :

 

« Jean-Marc Lévy-Leblond préfère adopter la démarche qui consiste à traquer les différences entre ces deux types d’activités, et à rappeler tout ce qui distingue l’art, qui est une pratique individuelle, libérale, soumise à l’évaluation de ceux qui ne sont pas des artistes, relevant de l’artisanat et d’une échelle commerciale relativement modeste, de l’activité scientifique, qui est devenue une activité collective (…). »

 

Spécialiste de la question du rapport entre science et art, Jean-Marc Lévy-Leblond sera, à ce titre, l’invité, avec Maurice Matieu, de Mathieu Grousson au Palais de la Découverte le 5 mars à 15h.  Le débat portera sur la question : « Art et science : convergence ou divergence ? » Faut-il réconcilier l’art et la science? Devons-nous favoriser leur convergence ou au contraire, nous réjouir de leur autonomie et de leurs différences ?

Si vous voulez connaître les tenants et les aboutissants de ce débat qui s’annonce passionnant, rendez-vous le 5 mars avenue Franklin Delano Roosevelt. L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.

Venez nombreux !

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Gustave Courbet s’expose à la Mona Bismarck Foundation et se lit aux éditions Hermann

24 février 2011 at 09:19 (Écrits et propos) (, , , , , , , )

 

À l’occasion des quarante ans de l’Institut Courbet, la Mona Bismarck Foundation, sise au 34 de l’avenue de New-York dans le XVIe arrondissement à Paris, rendra hommage, du 4 mars au 4 juin 2011, au Maître du Réalisme ainsi qu’à ceux qu’il a inspiré, en présentant, à travers leurs œuvres, les lieux et les êtres qu’ils ont peints et aimés. L’exposition s’appellera « Gustave Courbet, l’amour de la nature » et montrera des tableaux qui, habituellement, ne sont visibles qu’au Musée Courbet, à Ornans.

 

Cette exposition est l’occasion pour nous de vous rappeler que nous venons de publier les Écrits, propos, lettres et témoignages de Courbet dans une édition établie et présentée par Roger Bruyeron et de vous annoncer que nous publierons, très bientôt, ses Cahiers de philosophie. Rédigés au Collège royal de Besançon sous l’autorité de son professeur C. Bénard, pendant l’année scolaire 1837-1838, les Cahiers de philosophie de Courbet présentent un double intérêt : pour la connaissance de Courbet, d’abord, parce qu’ils sont un témoignage du niveau d’instruction reçu par le peintre ; pour la connaissance de l’enseignement de la philosophie, ensuite, à un moment où cet enseignement échappe à l’autorité du clergé pour échoir aux jeunes agrégés de philosophie de l’école de Victor Cousin.

 

Enfin, sachez que que le musée Gustave Courbet d’Ornans réouvrira ses portes le 2 juillet après trois ans de travaux de rénovation. Un nouveau parcours muséographique racontera, d’Ornans à Paris, la vie de Courbet, la révolution esthétique qu’il mena, en parallèle constante avec ses engagements politiques et sociaux.

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Les entretiens de Po&sie

23 février 2011 at 11:42 (La fin dans le monde, Martin Rueff-Différence et identité, Michel Deguy, Setge Margel-Les forces de croyances) (, , , , , , , , , , )

Michel Deguy et Po&sie ont choisi l’année 2011 pour se lancer dans une nouvelle aventure. Intitulés Les Entretiens de Po&sie, la revue de Michel Deguy accueillera chaque mois une voix, un auteur, un penseur à la Maison de l’Amérique latine (217, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris).

Mercredi 16 février – 18h30

Serge Margel : Les deux corps de la voix, ou comment la poétique est-elle possible

Serge Margel est auteur aux Éditions Hermann de La force des croyances.

Lundi 28 février – 18h30

La poésie chinoise aujourd’hui : Yu Jian avec Li Jinjia, Sebastian Veg, Claude Mouchard

Lundi 21 mars – 18h30

Fethi Benslama : La révolution

Pour mémoire, Po&sie est une revue trimestrielle fondée par Michel Deguy en 1977 publiée avec le concours du Centre National du Livre et éditée par Belin. En juin 1977, le comité d’alors présentait ainsi les enjeux de cette nouvelle revue :

« Au milieu du mot “poésie” un homme se gratte et ronchonne » (Éluard 1920). Le signe Po&sie aimerait dire le et qui est à l’intérieur de la poésie, un et de diversité, de pluralité. & : non pour abréger (ce serait plutôt l’inverse) mais esquisser un idéogramme qui symbolise l’instabilité, la nouveauté, la place faite au rapport, aux interactions. Po&sie pour rappeler le un-en-deux de la traduction, le travail de disjonction et conjonction de l’écriture poétique, l’inquiétude de la poésie sur son essence, le risque de sa dislocation moderne et l’humour qui anticipe sur une réunion.

Les coopérateurs ici, sans numerus clausus : quelques-uns de ceux qui s’exposent à publier sous le titre « poème », quand bien même ils ne croiraient pas à la « pureté du genre ».

Michel Deguy, rédacteur en chef de la revue, est l’auteur, aux Éditions Hermann, de La fin dans le monde. En juillet 2001, Alain Lestié écrivait dans PerformArts :

« Lire Deguy immerge dans la générosité d’une extraordinaire culture sans cesse mise à l’épreuve de nos réalités actuelles, entre affection et raison critique, où il s’agit « à la fin » de chercher à infléchir la direction fatale. »

 

 

Martin Rueff, son rédacteur en chef adjoint, est poète, critique et traducteur. Il a consacré un ouvrage critique à la poésie et à la poétique de Michel Deguy, Différence et identité : Michel Deguy, situation d’un poète lyrique à l’apogée du capitalisme culturel, paru aux  Éditions Hermann.

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Pour Pierre Jourde, il y a encore « des raisons d’espérer »

16 février 2011 at 17:47 (Jean-Luc Moreau-La Sœur de l'Ange n°8) (, , , , , , , , , , , , )

Nous vous avions annoncé la semaine dernière une soirée au cinéma le Champo,  information relayée, à notre plus grand plaisir, par les agendas littéraires du Monde et du NouvelObs.com. Ce qui a certainement contribué, pour une large part, à son succès. Une semaine est passée et les bonnes surprises continuent d’arriver. Ainsi, Pierre Jourde, présent à la soirée au titre de contributeur du n°8 de La Sœur de l’Ange, nous donne à lire sur le blog Confitures de culture hébergé par le site du Nouvel Obs.com, un très bel article daté du 12 février dans lequel il nous livre son ressenti à propos du film et des questions soulevées par le débat qui a suivi et dont il était l’un des intervenants.

« Mardi 8 février dernier avait lieu au cinéma le Champollion, à Paris, la projection en avant-première du film de Régis Sauder, Nous, Princesses de Clèves . La séance était suivie d’un débat, organisé autour du film et, conjointement, de la sortie d’un numéro de la revue La Sœur de l’ange, dirigé par Jean-Luc Moreau. Le numéro s’intitulait À quoi bon la Princesse de Clèves ? Pourquoi, en effet, ce mépris de notre président de la République, estimant qu’il était sadique de mettre une telle œuvre au programme d’un concours de fonctionnaires ? Pourquoi Mme de La Fayette est-elle devenue l’emblème de la résistance culturelle ? (…) La salle du Champollion était bondée. Je n’avais pas vu le film auparavant, et je dois avouer que j’ai été plus qu’impressionné, ému, un peu comme à la projection de De l’autre côté du périph, de Nils et Bertrand Tavernier.

Le film est tourné au lycée Diderot, établissement « difficile » des quartiers Nord de Marseille. Population très défavorisée, en majorité d’origine immigrée. Certains des élèves se sont portés volontaires pour un atelier où l’on travaillerait sur le texte de La Princesse de Clèves. Il s’agissait de préparer la lecture filmée d’extraits du roman. Le film alterne donc les parties « jouées », c’est-à-dire les lectures, dans le cadre du lycée, en solo ou à deux, et les parties où l’on filme les participants, au lycée, dans leur quartier, dans leur famille, au long de l’année scolaire, jusqu’au baccalauréat. Gros plans sur de beaux visages de jeunes gens et de jeunes filles, qui disent superbement ce texte, sans effets excessifs, on l’entend, il vit dans leurs bouches. Ailleurs, ils le commentent, s’identifient, comparent leur vie et leurs affaires amoureuses à celles que raconte cet ouvrage vieux de plus de trois siècles. Ils évoquent leur vie intime, leurs difficultés quotidiennes, leur rêve d’avenir.

Ce que disent ces jeunes gens est étonnant d’intelligence et de lucidité. Leurs parents s’impliquent, commentent le livre, expliquent leurs principes d’éducation. Il y a le père maghrébin confiant son inquiétude pour sa fille devant la mère silencieuse et voilée, la mère comorienne qui s’enthousiasme à l’idée que son enfant puisse obtenir le bac, etc. Ce type de travail est exactement celui qui est capable de métamorphoser la relation d’un adolescent avec la culture, en lui montrant qu’il peut accéder aux grands textes du patrimoine, les faire siens, les faire travailler en lui, et qu’il est capable d’aller au-delà de lui-même et des limites sociales et culturelles qu’on lui impose. C’est une transformation mutuelle, du livre par le lecteur et du lecteur par le livre, et c’est magnifique.

On retrouve finalement là quelque chose des idéaux de l’éducation populaire d’après guerre, qui a été si importante pour toute une génération, et qu’on a laissée tomber. Lorsque le Conseil représentatif des associations Noires estime qu’une épreuve de littérature aux concours de fonctionnaires est discriminatoire pour les Noirs, lorsqu’on sait que Michel Wieviorka, membre du conseil scientifique de cette organisation, fait autorité en France pour les questions d’immigration, on est atterré, et on aimerait demander à Mona, Abou, Morgane, Aurore, Chakirina, Cadiatou, Laura, Sarah, acteurs du film, ce qu’ils pensent des propos de ces gens qui estiment les représenter, de ces prétendus antiracistes qui considèrent que la culture, ça n’est pas pour les Noirs.

Foncez voir ce très beau film. »

Le film sort en salle le 30 mars.

 

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Rencontres Bernard Vouilloux – Pascal Quignard

3 février 2011 at 12:54 (Bernard Vouilloux-La nuit et le silence des images) (, , , , , , , , , )

Le 26 novembre 2010, paraissait aux Éditions Hermann La nuit et le silence des images. Penser l’image avec Pascal Quignard de Bernard Vouilloux.

Pour Pascal Quignard, les images peintes, gravées, photographiées, filmées, ne sont jamais que la matérialisation des images du rêve, nocturnes et silencieuses, qui elles-mêmes font signe en direction d’une autre image, qui toujours manque : celle de la « scène » qui a présidé à notre conception. Suivre Pascal Quignard dans sa réflexion sur les images, c’est renouveler notre compréhension du fait iconique. Il faut pour cela renoncer à l’idée que le « faire poétique » serait pur de tout rapport au savoir. Tel est le sens d’une œuvre pour laquelle la littérature ( le « littéraire » ) est à penser dans son rapport à la lettre ( littera ), c’est-à-dire à la mémoire matérielle de ce qui est plus ancien que tout passé.

 

À noter, deux rendez-vous avec Bernard Vouilloux.

Bernard Vouilloux présentera La nuit et le silence des images à Alain Veinstein lors de l’émission du 9 février 2011 sur France Culture. En procédant par essais et corrections, il nous invitera à penser l’image avec Pascal Quignard.

Le 11 février à 12h30, Bernard Vouilloux sera au Musée d’Orsay où il interviendra dans le cadre d’un cycle intitulé La figure de l’artiste du XIXe siècle dans la fiction. Il abordera  La vie d’artiste au XIXe siècle, entre faits et fictions. L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. La conférence aura lieu dans l’auditorium, niveau – 2 ( entrée Porte C ).

 


Autre évènement de taille : deux rencontres avec Pascal Quignard sont au programme !

La première se tiendra le jeudi 24 mars au Palais des Beaux-Arts de Lille dans le cadre de l’ exposition Portraits de la pensée . Rendez-vous à 18h dans le Grand Auditorium.

La seconde aura lieu le mercredi 22 juin à 20h au Collège iconique ( Institut national de l’audiovisuel ).

Pour résumer, je ne saurai que trop vous conseiller de lire ce bel ouvrage, d’écouter France Culture et, pourquoi pas, d’aller faire un tour à Lille.

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