Nicolas Poussin à l’honneur

31 mars 2011 at 14:53 (Jean-Louis Vieillard-Baron-Et in arcadio ego, Poussin-Lettres et propos sur l'art) (, , , , , , , , , , , , )

Du 9 mars au 6 juin au Grand Palais, se tient l’exposition Nature et idéal : le paysage à Rome 1600-1650.

C’est à Rome, dans la première moitié du XVIIe siècle, que débute véritablement l’histoire de la peinture de paysage. Auparavant, la représentation de la nature n’existait pas en tant que genre autonome dans la peinture européenne et c’est dans la capitale de la chrétienté que va naître et se développer cette nouvelle catégorie picturale, appelée à connaître un essor considérable.

D’Annibal Carrache à Adam Elsheimer, de Pieter Paul Rubens à Paul Bril, de Claude Lorrain à Nicolas Poussin en passant par Gaspard Dughet, quelques-uns des plus grands peintres du XVIIe siècle vont contribuer à l’émergence du paysage. L’exposition entend montrer certaines de leurs créations les plus abouties, en illustrant leurs contributions à l’élaboration de différents types de représentations de la nature, des vues idéales de la campagne romaine aux marines, en passant par les caprices architecturaux et les scènes antiques chargées de nostalgie où alternent les mythes et l’histoire.

Cette exposition est l’occasion pour nous de vous rappeler la parution de deux de nos ouvrages consacrés à Nicolas Poussin.

Le premier, paru le 20 juin 2008, s’intitule Lettres et propos sur l’art. Il rassemble des lettres écrites par Poussin, ainsi que des témoignages de ses contemporains. Ce livre, qui nous fait voyager entre Paris et Rome, est un très beau témoignage des déceptions et des souffrances qui ont émaillé la vie du peintre. Il permet de mieux comprendre l’épure constante des représentations de Poussin, tendant vers un art toujours plus austère qu’éclaire parfois le sombre éclat de la mélancolie. Poussin disait : « Les couleurs dans la peinture sont semblables à des leurres qui persuadent les yeux, comme la beauté des vers dans la poésie. » Ce livre, c’est un portrait de Poussin par lui-même.

 

Le second, Et in arcadio ego Poussin ou l’immortalité du Beau, est paru le 10 mars 2010. L’auteur, Jean-Louis Vieillard-Baron, est le premier à consacrer un ouvrage entier au tableau de Poussin, Les Bergers d’Arcadie. Il y étudie le platonisme d’un peintre qui conçoit la beauté comme une mystérieuse harmonie symbolisée par une femme drapée. L’énigme de la beauté de la nature et de l’être humain est au cœur du tableau. Le peintre humaniste y évoque la poésie latine, et l’inquiétude de la mort. L’artiste, par son ego créateur, est présent dans l’Arcadie, terre de l’immortalité pour les poètes, mais aussi pour les peintres. Ce livre est une bible qui permet d’appréhender le tableau le plus célèbre de Poussin avec toutes les clés de lecture nécessaires à sa bonne compréhension.

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Comment rendre la science sexy ?

30 mars 2011 at 14:43 (Michel Claessens-Allo la science) (, , , , , , , )

À l’heure où le Japon et le monde vivent dans l’angoisse d’une catastrophe nucléaire majeure – la centrale de Fukushima, sinistrée par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars n’étant toujours pas sous contrôle – le scientifique Michel Claessens, auteur du récent  Allo la science ? (éditions Hermann) s’interroge : Peut-on communiquer la science sans la dénaturer ? Peut-on éduquer le grand public sans le désinformer ?

 

Dans une tribune publiée le 29 mars sur le site Atlantico, nouveau média d’information en ligne, il part du mystère qui plane au-dessus de la question des risques encourus suite à la panne des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima pour montrer la difficulté qu’il y a à informer le public sur des sujets techno-scientifiques complexes sans tomber dans la confusion ou l’incompréhension.

L’information scientifique est en crise et, selon lui, le seul moyen de pallier ce problème est d’amorcer une réconciliation entre science et grand public. À la question : Est-il encore possible, dans nos sociétés, de communiquer la science ? , Michel Claessens répond oui, à la seule condition de passer par ce qu’il appelle la médiascience.

« De la science, notre société goûte surtout ce que j’appelle la « médiascience », cette science (in)filtrée par les médias et servie sur un plateau (TV) au public. Bien qu’imparfaite et souvent critiquée, la médiascience me semble plus que jamais nécessaire à la vraie science. Forme spécifique d’accès au monde dans lequel nous vivons, elle apporte à la science ce qui lui manque le plus aujourd’hui : une visibilité publique et politique ainsi qu’une présentation synthétique et contextualisée. (…) Miroir déformant, certes, de la science, la médiascience est surtout une fenêtre qui permet au public de garder le contact avec la recherche, de prendre connaissance des tenants et aboutissants des travaux en cours et de participer aux grandes orientations de la société sur ces questions. »

L’auteur conclut son argumentation sur ces mots :

« Pour sa contribution à la promotion de l’information et de la culture scientifique, la médiascience est aussi un contre-savoir pour savoir. »


 

 

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Bernard Barraqué sur France 5 à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau

23 mars 2011 at 11:13 (Peurs et plaisirs de l'eau) (, , , , , , , , , , , , , )

Hier soir, Bernard Barraqué, directeur de recherches au CNRS, était l’invité de l’émission C à dire sur France 5 pour répondre à la question « Facture d’eau : que payons-nous ? »

Directeur de publication, avec Pierre-Alain Roche, de l’ouvrage collectif,  Peurs et plaisirs de l’eau, qui vient de paraître aux éditions Hermann, il développe, depuis 25 ans, au sein du Laboratoire « Techniques Territoires et Sociétés » de l’université Paris-Est, une analyse comparative et historique des politiques de l’eau en Europe.

Sur la plateau de C à dire, il répondait aux questions de Axel de Tarlé qui s’interrogeait, en cette Journée mondiale de l’eau, et suite à la publication par le magazine 60 millions de consommateurs et la fondation France Libertés de chiffres faisant état de différences du prix de l’eau dans l’Hexagone, sur la raison des écarts entre les régions : pourquoi l’eau est-elle plus chère dans certaines régions et moins chère dans d’autres ?

Pour écouter son intervention, cliquez ici.

Pour avoir plus d’informations sur le livre, cliquez ici.

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Jehan Alain aurait aujourd’hui cent ans…

22 mars 2011 at 16:13 (Aurélie Décourt-La famille Alain) (, , , , , , , , , , , , )

Le 3 février 2011, Jehan Alain, compositeur et organiste français aurait eu cent ans. La guerre en a décidé autrement. Le 20 juin 1940, il résiste seul à un peloton d’assaut ennemi et meurt sous les balles allemandes. Il a 29 ans.

En cette année anniversaire, Aurélie Décourt, nièce du compositeur, rend hommage à cet oncle dont elle souhaite raviver le souvenir auprès du public français, lui dont les œuvres pour orgue sont jouées partout dans le monde, les plus célèbres étant Les Litanies et Les Trois Danses.


Ainsi, le 25 mars 2011, les éditions Hermann publieront Une famille de musiciens au XXème siècle. La famille Alain d’Aurélie Décourt. Présentation :

 

Quatre frères et sœurs passionnés de musique, à l’école d’un père exceptionnel, musicologue d’avant garde à l’orée du XXe siècle, compositeur d’une œuvre religieuse raffinée, facteur d’orgues amateur qui offrit à ses enfants le plus beau des jouets : un orgue mécanique de trente-neuf jeux dans le salon. Envahissant, en perpétuelle transformation, ce « cinquième enfant » d’Albert Alain commanda le destin de Jehan, Marie-Odile, Olivier et Marie-Claire : ils furent tous organistes, inspirés par les sonorités et la mécanique subtile de ce fabuleux instrument qui devint naturellement le médiateur de leur tempérament artistique.

La mesure du rôle des Alain dans l’histoire de la musique du XXe siècle sort renforcée de cette étude qui leur assigne une place capitale, mais une place qui ne ressortit à aucune école, si ce n’est l’école familiale, « l’école Alain ».


Organisé par Aurélie Décourt et relayé par Le journal de Saint-Germain auront lieu, les 25, 26 et 27 mars prochain dans le quartier latin, diverses manifestations culturelles en hommage à Jehan Alain. Outre cinq concerts, une exposition et un colloque qui s’étendront sur 3 jours, le samedi 26 mars 2011, la comédienne Brigitte Fossey se glissera dans la peau du musicien-poète-dessinateur saint-germanois Jehan Alain, lors d’un concert spectacle, où elle dira des extraits de lettres qu’il avait écrites, accompagnée par l’organiste Michel Bouvart.

 

Enfin, nous vous recommandons la lecture d’un article consacré à Jehan Alain et paru dans  La Lettre du musicien de février 2011. Le journaliste donne la parole à Thierry Escaich, organiste, compositeur et tout récent Lauréat des Victoires de la musique classique (pour la troisième fois). Familier de l’œuvre de Jehan Alain, il nous donne son point de vue.

C’est d’abord un compositeur atypique, car, malgré la brièveté de sa vie, il a développé plusieurs directions de composition en peu de temps. Son œuvre est marquée par le sens de la recherche, de la construction du timbre, par exemple dans les Trois Danses. Il fait partie des compositeurs qui ont ouvert cette conscience du timbre au XXème siècle. Il a aussi un sens très développé des couleurs modales avec lesquelles il joue (…). Il y a, chez Jehan Alain, une couleur modale immédiatement reconnaissable, même si elle diffère d’une œuvre à l’autre.

 

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La sérendipité : quel rôle joue le hasard dans la science ?

16 mars 2011 at 12:01 (Daniele Bourcier et Pek Van Andel-La Sérendipité) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Le 20 janvier dernier, La sérendipité. Le hasard heureux est paru aux éditions Hermann. Ce livre résulte d’un colloque de Cerisy qui s’est tenu en juillet 2009 et auquel ont participé des chercheurs, artistes et philosophes.

Suscitant de façon inattendue de multiples débats dans la presse, la sérendipité fut consacrée mot de l’année 2009 par la Revue des Sciences humaines. Elle est considérée comme la « capacité de découvrir, d’inventer, de créer ou d’imaginer quelque chose de nouveau sans l’avoir cherché à l’occasion d’une observation surprenante qui a été expliquée correctement ».

 

Le 26 février dernier, Science publique, émission hebdomadaire que Michel Alberganti anime sur France Culture, avait pour sujet : La sérendipité : quel rôle joue le hasard dans la science ? À cette occasion, quatre des contributeurs au livre La sérendipité. Le hasard heureux étaient invités à participer au débat : Daniele Bourcier, Jean-Marie Brom, Sylvie Catellin et Robert Vallée.

La présentation que Michel Alberganti donne à lire sur le site de France Culture expose de façon très claire les enjeux  de l’émission, je la cite donc telle quelle :

« Commençons cette émission par une devinette : Quel est le point commun entre les découvertes de l’Amérique, l’homme de Néandertal, la pierre de Rosette, la grotte de Lascaux, la poussée d’Archimède, la loi de la gravitation,  les rayons X, la radioactivité, l’électromagnétisme, l’infrarouge, l’aspirine, l’aspartame, l’insuline, le LSD, la pénicilline, le vaccin antivariolique, le Viagra, l’ADN, la pilule contraceptive, le Velcro, la photographie, la Citroën 2CV, le Post-It, le Kleenex, la gomme à effacer, le jacuzzi, le Frisbee, le Kevlar, le Téflon, le Laser, l’hélice de bateau, la dynamite, la Tarte Tatin, le Nutella, le Carambar, le Coca Cola,  le Sauternes, les chips ou le Roquefort ? La réponse, vous l’avez devinée, c’est le hasard, point commun à cette liste à la Prévert. Ou, plus précisément, la sérendipité, dont nous allons parler aujourd’hui.

La sérendipité a fait l’objet du colloque de Cérisy en juillet 2009. L’occasion de remonter aux sources de cette notion aussi subtile que mystérieuse. Les premières traces datent d’un conte persan de 1302 intitulé Les pérégrinations des trois fils du roi de Serendip. L’écrivain britannique Horace Walpole reprend le terme en 1754 et lui donne une définition : « faire des découvertes, par accident et sagacité, de choses que l’on ne cherchait pas ». Chaque mot compte et l’on constate que la notion de sérendipité dépasse largement  le simple hasard. À l’accident déclencheur doit s’associer la sagacité, c’est-à-dire le discernement ou le flair qui permettent de détecter une anomalie, de la questionner, de l’interpréter, de la comprendre et de l’exploiter.  On est ainsi bien loin du pur coup de chance. Les découvertes, même fortuites, ne se réalisent pas facilement et ne sont pas à la portée de tout le monde.

L’intervention du hasard dans les découvertes relève-t-elle de l’anecdote ou bien lève-t-elle le voile sur un phénomène plus profond en matière de créativité humaine ?

Comment comprendre que l’on trouve ce que l’on ne cherche pas alors que l’on rencontre tant de difficultés à trouver ce que l’on cherche ?

Faut-il accepter une part chaotique dans le processus de la découverte ou bien la sérendipité est-elle transformable en méthode ?

Pourrait-on, ainsi, imaginer enseigner la sérendipité ?

Ne s’agirait-il pas, finalement, de l’embryon d’une démarche favorisant la créativité en la libérant des idées reçues, de la normalisation de la pensée et du syndrome du réverbère ? »

Pour Jean-Marie Brom , l’essentiel est d’avoir « l’esprit ouvert » et prêt à saisir l’opportunité qu’offre le hasard lorsqu’il se présente aux portes de notre intelligence…

Le 7 mars, dans l’émission Continent Sciences que Stéphane Deligeorges anime sur France Culture, Lydia Ben Ytzhak a consacré sa chronique à La sérendipité. Le hasard heureux qu’elle présente comme un « ouvrage tout à fait incroyable ». Sa chronique est claire et réussit l’exercice difficile de parler de beaucoup de choses en très peu de temps. Après avoir évoqué le conte du poète persan Amir Khusrau intitulé Les pérégrinations des trois fils du roi de Serendip qui a donné son nom à la sérendipité, elle donne plusieurs exemples de découvertes faites par sérendipité telle la pénicilline pour ne citer qu’elle. Pour Lydia Ben Ytzhak, ce qu’il y a de remarquable dans le concept de sérendipité, c’est qu’il met en relief le critère de créativité et le goût du jeu, souvent grands absents du débat scientifique.

Loin d’être réservé à une élite, ce livre tout à fait accessible relate des cas de sérendipité puisés dans la science mais aussi dans les arts, la politique, la psychanalyse, le management ou encore l’Internet. Cet ouvrage est passionnant et plus d’actualité que jamais!

 

 

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Le Japon à la une

16 mars 2011 at 09:56 (Francine Hérail-Histoire du Japon) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Vendredi 11 mars 2011, un tremblement de terre d’une magnitude de 8,9 sur l’échelle de Richter, aussitôt suivi d’un tsunami, a dévasté les régions côtières du nord-est du Japon, faisant des milliers de morts. Encore sous le choc de ces vagues de 10 mètres de haut ravageant tout sur leur passage, les Japonais doivent aujourd’hui faire face à une menace nucléaire provenant de la centrale du Fukushima, endommagée par le séisme.

Au regard de cette actualité, nous souhaitons rendre hommage au Japon, mis à l’honneur dans bon nombre de nos publications.

Le 17 février 2010, paraissait aux éditions Hermann L’Histoire du Japon des origines à nos jours, sous la direction de Francine Hérail. Il s’agit d’une réédition, publiée avec le soutien de la Japan Foundation et considérablement revue et augmentée. Ce très bel ouvrage de plus de 1400 pages est une véritable Bible, que vous vous intéressiez au Japon préhistorique, à la splendeur des Fujiwara, au régime des guerriers du Japon medieval, à l’époque d’Edo, à l’ère Meiji ou au shogunat Mac Arthur.

 

En 2008, paraissait 1945 – Hiroshima : les images sources de Michael Lucken. Cet ouvrage répertorie et analyse les centaines de photographies prises en août 1945, le jour et aux lendemains des deux bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Il retrace le contexte dans lequel les clichés ont été pris, restitue une chair et une vie à leurs auteurs japonais ou américains, montre enfin comment ils ont été relayés et réinvestis dans la culture. Ce livre offre une nouvelle lecture de l’histoire.

En 2001, Brigitte Koyama-Richard, avec son Japon rêvé, démontrait le rôle essentiel joué par la rencontre de deux personnes exceptionnelles, Edmont de Goncourt et Hayashi Tadamasa, dans la découverte de l’art japonais en France. Ces deux japonisants se sont connus à l’Exposition universelle de 1878, année qui a marqué le début d’une fructueuse collaboration. Ensemble, ils ont travaillé à la rédaction de monographies d’artistes japonais et les ont fait connaître en Occident.

 

Cette même Brigitte Koyama-Richard a publié, 3 ans plus tard, en 2004, Kodomo-E. L’estampe japonaise et l’univers des enfants. Par le biais des estampes kodomo-e, terme désignant l’ensemble des images consacrées et destinées aux enfants, elle fait revivre sous nos yeux une époque aujourd’hui révolue où les enfants occupaient une place de choix. Destinées à servir de jouets sous forme de maquettes, de découpages, de jeux de société, etc., ces estampes sont autant d’occasions pour le lecteur, quel que soit son âge, de faire revivre ces images du passé. Par là, c’est à un véritable bouleversement de nos habitudes de lecture que nous invite l’auteur, qui transforme le livre en objet ludique.

 

Le dernier livre que nous tenons à vous présenter s’intitule Créateurs du Japon. Fascinés par la culture japonaise et par le génie de ses architectes contemporains, en particulier Fumihiko Maki, Arata Isozaki, Tadao Ando et Kisho Kurokawa, les auteurs de ce livre ont longtemps séjourné au pays du soleil levant où ils ont rencontré les créateurs les plus influents. Ils en ont rapporté une iconographie somptueuse et originale, qui permet de démontrer la constante interpénétration entre les éléments ancestraux et la plus “avant-gardiste” des architectures. L’ouvrage analyse mille ans de création japonaise : l’architecture contemporaine, l’architecture liée à la cérémonie du thé, l’art des jardins, les représentations picturales du douzième au dix-septième siècle, le théâtre Nô. Il révèle, dans la conception japonaise du ma, un vrai discours novateur sur l’espace et le temps.

 

 

 


 

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« L’écrivain est celui qui a soin aux mots »

7 mars 2011 at 15:11 (Gérald Sfez-La langue cherchée) (, , , , , , , , , , , )

Le 24 février 2011, paraissait aux éditions Hermann La langue cherchée de Gérald Sfez. Ce professeur de philosophie en classe préparatoire au lycée La Bruyère de Versailles questionne la notion d’écriture de résistance. Selon lui, « l’écrivain est à la recherche d’une langue et l’hypothèse contemporaine est d’avoir associé cette « langue cherchée » à un geste de résistance. » Dès lors, il s’agira soit de résister contre la langue ou bien tout au contraire de résister avec elle pour son respect. Le livre se compose de deux parties : la première est un essai, la seconde donne la parole à Camus, Quignard et Michaux.

 

Le 27 février, Gérald Sfez était l’invité d’Antoine Perraud dans le cadre de l’émission Tire ta langue sur France Culture. Pendant une demi-heure, il a défendu l’idée selon laquelle résister dans la langue, c’est résister avec la langue et non contre elle. Selon lui, la langue cherchée, à savoir l’idiome de l’écrivain, est aussi celle d’une langue en amont de la langue commune ou ailleurs qu’elle. Il appartient à l’écrivain d’écrire dans une relation d’ambivalence à l’égard de sa langue. Camus disait : « L’homme refuse le monde tel qu’il est sans accepter d’y échapper. » D’où l’importance du lien que Gérald Sfez fait entre résistance et création qui est la clé de son ouvrage.

 

Le 4 mars, dans Les nouveaux chemins de la connaissance, Gérald Sfez était l’invité d’Adèle Van Reeth sur France Culture. L’idée d’une langue-pouvoir est l’occasion d’une question passionnante : contre quoi résiste-t-on ? « Pour définir la langue, il faut s’y attaquer » disait Deleuze. Gérald Sfez s’oppose à cette idée ; selon lui, l’écrivain est engagé dans une ambivalence. Dès lors, il s’agit de résister contre tout pouvoir d’oppression et contre ce qu’il y a d’oppressant à savoir la monotonie qui empêche la naissance de la parole singulière. En deuxième partie d’émission, Gérald Sfez s’est attaché à souligner la différence d’interprétation qui existe entre Deleuze et Lyotard. Deleuze met l’accent sur le rapport de l’écrivain à la langue étrangère alors que Lyotard souligne comment, comme le dit Proust, « les livres sont les enfants du silence » et comment on écrit en renouant avec la langue depuis une interruption.

Je vous conseille la lecture de ce très bel essai et l’écoute en podcast de ces deux émissions passionnantes.

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