Yann Le Bihan sur les ondes

11 mai 2011 at 16:03 (Yann Le Bihan-Femme noire en image) (, , , , , , , , , )

Yann Le Bihan, est Docteur en Psychologie sociale. Ses travaux portent sur le racisme et l’héritage des imaginaires coloniaux. Il est l’auteur de plusieurs livres portant sur cette question, parmi lesquels Femme noire en image. Racisme et sexisme dans la presse française actuelle paru le 25 mars aux éditions Hermann.

À cette occasion, il a tour à tour été l’invité d’Audrey Pulvar dans le 6/7 de France Inter puis de Catherine Clément dans Cultures de soi, cultures des autres sur France Culture.

Le 1er avril, sur les ondes de France Inter, il présentait son livre en ces termes:

Ce livre n’a pas pour but de dénoncer ou de simplement s’indigner mais plutôt de comprendre comment les stéréotypes qui sont en place depuis le XVI ème siècle et dont la femme noire est l’objet sont encore actifs voire diffusés par certains journalistes.

Selon Yann Le Bihan, le stéréotype de la femme noire relève du fantasme et n’existe pas en soi. Le problème, c’est que le fait de croire à son existence a quelque chose d’extrêmement réel et entretient le discours raciste. À ce point de la réflexion, l’auteur propose d’élargir le débat en posant cette question : En quoi est-il utile d’être raciste? Cette interrogation permet de faire sortir la réflexion d’une simple dénonciation. Il s’agit de chercher à comprendre en quoi ces représentations stéréotypées servent le discours raciste…

Si vous souhaitez voir son intervention, cliquez ici.

Un mois plus tard, invité de Catherine Clément sur France Culture, Yann Le Bihan a, dans un premier temps, rappelé son objectif, à savoir comprendre l’imaginaire colonial masculin en étudiant sur onze années  quatre revues écrites et lues par des hommes (New Look, Vogue Homme, L’écho des savanes et Photo).

Mais très rapidement, la conversation s’est orientée vers le problème de la représentation. Selon lui, c’est sur ce point qu’il faut chercher à faire évoluer les esprits en priorité. En effet, les « femmes noires », selon le stéréotype encore en vigueur, sont la plupart du temps réduites à un corps. De plus, dans la même idée, leur évocation renvoie souvent à un imaginaire du végétal (liane) et de l’animal (panthère etc.). Or, cela fait ressortir un fait frappant : tout ce qui a trait à la raison est gommé, disparaît.

Yann Le Bihan conclut sur ce constat :

La décolonisation politique a été faite, la décolonisation des esprits est en cours.

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