Michel Forsé et Maxime Parodi primés par l’Académie des Sciences morales et politiques pour leur livre, « Une théorie empirique de la justice sociale »

18 novembre 2010 at 10:19 (Forsé-Parodi-Théorie empirique de la justice sociale, Prix, Société et pensées, Sociologie) (, , , , , , , , , )

Le lundi 15 novembre, à l’occasion de la Séance publique annuelle de l’Académie des Sciences morales et politiques, Michel Forsé et Maxime Parodi ont reçu le Prix Joseph Saillet pour l’ouvrage qu’ils ont publié, dans la collection sociologique des Éditions HermannSociété et Pensées, que dirige Gérald Bronner depuis 2006.

L’occasion de représenter ici leur très belle étude sur la justice sociale intitulée  Une théorie empirique de la justice sociale, et de reprendre, pour ce faire, le texte de présentation qui a paru dans le livret édité par l’Académie et distribué à l’issue de la remise des prix :

« La démarche des deux auteurs présente l’originalité de confronter la littérature philosophique sur la justice sociale aux résultats des enquêtes sociologiques. Selon ce qu’on peut considérer comme le dénominateur commun de la littérature philosophique sur le sujet, l’individu obéirait, par delà les différences culturelles, à trois critères universels fortement hiérarchisés : une société juste doit en premier lieu satisfaire aux besoins élémentaires du citoyen ; en deuxième lieu répondre au critère de l’équité, à savoir récompenser le citoyen en fonction de ses mérites ; en troisième lieu, mais en troisième lieu seulement, satisfaire au critère de l’égalité, à savoir chercher à ce que les ressources des citoyens ne soient pas inégales. La seconde partie du livre met ces idées à l’épreuve des données tirées de plusieurs enquêtes, notamment le World Values Survey et le European Values Survey. L’analyse des données montre que la forte hiérarchisation des trois critères apparaît avec certaines nuances dans tous les pays observés. D’où l’on conclut que le poncif selon lequel la justice sociale se confondrait, dans l’esprit du public, avec l’égalitarisme et qu’il serait un des traits dominants des sociétés modernes – en particulier de la société française – ne correspond pas à une réalité. Une autre idée émerge de l’étude, à savoir que les individus interrogés dans les enquêtes construisent leurs réponses, non à partir de leur position sociale personnelle, mais en cherchant à se mettre à la place d’un individu quelconque et à imaginer des raisons que les autres approuveraient, pour justifier par exemple les différences de rémunérations entre activités professionnelles. »

À lire également le compte rendu de Guillaume Arnould qui a paru dans Liens socio en août dernier.

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