Catherine Malabou, invitée du 7/9 du week-end de France inter

14 juin 2010 at 15:37 (Catherine Malabou-La chambre du milieu, Le Bel Aujourd'hui, Philosophie, Radio) (, , , , , , , , , , , , , , , , )

Le samedi 12 juin, le 7/9 du week-end de France Inter présenté par Stéphane Paoli et Sandra Freeman recevait  Catherine Malabou, l’auteur dans la collection Le Bel Aujourd’hui, de la Chambre du milieu. De Hegel aux neurosciences, dans le cadre de la chronique philosophique de Laurence Luret, « Parenthèse », pour une émission consacrée au cerveau.  L’occasion pour Catherine Malabou de revenir  sur un de ses concepts philosophiques clef : la plasticité. Car, pour elle, il ne fait pas de doute que ce qui définit le cerveau, c’est précisément sa plasticité.

Pour mémoire, rappelons, en citant La Chambre du milieu, ce que Catherine Malabou entend pas plasticité du cerveau ou plasticité neuronale :

« Je rappellerai simplement que, par plasticité du cerveau, ou plasticité neuronale, il faut entendre essentiellement trois choses : 1) le modelage ou la mise en place des connexions, 2) la modification des connexions – c’est-à-dire la modification de l’efficacité synaptique, potentialisation ou dépression ; 3) la capacité de réparation des lésions. »

Pour écouter l’entretien diffusé ce matin sur France Inter et comprendre pourquoi, pour Catherine Malabou, la force et le mystère du cerveau c’est sa plasticité, cliquez ici.


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Catherine Malabou au chevet des « identités meurtries »

23 décembre 2009 at 14:10 (Bel Aujourd'hui, Catherine Malabou-La chambre du milieu, Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Pour Le Monde des Livres, Stéphane Legrand a rencontré la philosophe Catherine Malabou qui publient en même temps trois ouvrages : La Chambre du milieu. De Hegel au neuroscience dans la collection Le Bel Aujourd’hui des Éditions Hermann que dirige Danielle Cohen-Lévinas bien sûr ; mais aussi Changer de différence. Le féminin et la question philosophique aux Éditions Galilée ; et La Grande exclusion. L’urgence sociale, symptôme et thérapeutique, avec Xavier Emmanuelli, aux Éditions Bayard.

Pour Stéphane Legrand, il ne fait pas de doute que ces trois livres n’ont pas été publiés ensemble par hasard tant, pour lui, il évident qu’ils traitent à chacun à leur manière du même problème : les  « identités meurtries » : celles des grands traumatisés, des malades atteints de la maladie d’Alzheimer dans La Chambre du milieu ; celles des femmes (notamment en philosophie) dans Changer de différence ; et celle des victimes de l’exclusion sociale dans La Grande Exclusion.

Extrait du portrait de Catherine Malabou dans Le Mondes des Livres du 18 décembre 2009 :

« Catherine Malabou dira être née en Algérie, avouera être normalienne, évoquera la thèse sur Hegel qu’elle a rédigée sous la direction de Jacques Derrida (…). Pour le reste ?  « Vous savez, élude-t-elle, ma vie n’est pas très intéressante ». On se tourne alors vers ses concepts, et à l’évidence cela lui convient mieux. Celui de « plasticité » notamment, qu’elle a justement découvert chez Hegel et n’a cessé d’élaborer depuis, pour en explorer toutes les implications.

La plasticité, c’est l’aptitude à maintenir une identité tout en évoluant, en muant, en se transformant au contact de l’environnement et selon les aléas des circonstances. En neurologie, la plasticité cérébrale désigne la capacité qu’ont les synapses de moduler leur fonctionnement sous l’effet de l’expérience, donc de l’apprentissage, ce qui signifie que le cerveau n’est pas « rigide », mais évolutif, ouvert, en transformation constante.

Elle raconte en souriant que cette orientation décisive de son travail s’est dessinée initialement par un hasard : « J’étais tombée sur un numéro de La Recherche qui portait sur la mémoire, et dont l’un des articles évoquait la plasticité neuronale. Je me suis rendue compte que c’était exactement cela que je travaillais chez Hegel. »

Ce qui l’a intéressé dans cette rencontre fortuite, c’était d’y trouver « la traduction d’un concept dans les choses-mêmes », l’incarnation imprévue d’un pur objet de pensée dans un problème concret. Et c’est dans cette optique qu’elle a mené de nombreux travaux sur les neurosciences (c’est ce dont témoigne d’ailleurs La chambre du milieu. De Hegel aux neurosciences, Hermann, 2009), cherchant à traiter par ce biais un problème à la fois politique et métaphysique, celui de la liberté. Comment penser cette dernière comme, non pas conquise contre l’inertie physique et le déterminisme naturel, mais directement inscrite dans le corps, immanente aux replis de la matière ? »

À lire également :

l’entretien de Catherine Malabou avec Robert Maggiori dans Libération (cliquez ici)

le portrait de Catherine Malabou réalisé par Juliette Cerf pour Philosophie Magazine (cliquez ici)


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Une histoire de mouche

25 novembre 2009 at 13:35 (Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , , , , , )

« J’ai l’impression que cet après-midi nous avons enculé les mouches ». Cette phrase entendue par Jean Birnbaum au Forum Le Monde-Le Mans le 14 novembre lui a donné l’idée du thème de sa Pop’ Philosophie de la semaine (Le Monde Magazine, 21 novembre 2009) : Hegel et son Qui pense abstrait ? publié dans la collection Philosophie des Éditions Hermann en 2007. Pour mémoire, rappelons que l’ouvrage proposait une traduction inédite en français du texte par Ari Simhon ainsi qu’un commentaire intitulé Hegel sans secret écrit également par Ari Simhon.

L’hypothèse de Jean Birnbaum est la suivante : l’auteur de la petite phrase, le mécontent, se révoltait contre les débats de l’après-midi qui privilégiaient la pensée abstraite plutôt que la véritable pensée, s’inscrivant de facto dans le sillage de Hegel et de son essai, Qui pense abstrait ? :

« Publié vers 1807, ce bref texte raille les individus qui fuient la pensée « comme on détale devant un pestiféré ». Promenant son lecteur à travers une galerie de personnages (l’assassin à l’échafaud, la marchande d’oeufs, le bourgmestre…), il met en scène l’idée selon laquelle la pensée abstraite n’est pas celle qu’on croit. Dans la version allemande, cette pensée est curieusement désignée par le terme « espèce », en français dans le texte. Ici péjoratif, le mot renvoie à un moment naturel qu’il faut dépasser pour accéder à l’esprit universel. Contre l’intuition immédiate et le discours spontané, qui n’accèdent qu’à une seule dimension des choses, la vraie pensée concrète relève d’une réflexion en mouvement, apte à tenir l’ensemble des contradictions du réel. Pour le maître de la dialectique, donc, tandis que le préjugé commun se révèle abstrait, voire entaché d’un « maniérisme vide », rien n’est plus concret que le concept. »

Jean Birnbaum, « Hegel prend la mouche », Le Monde Magazine, 21 novembre 09

 

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