Savoir vivre pour savoir exister

21 décembre 2009 at 16:00 (Philosophie, Presse écrite, Savoir être et autres savoirs) (, , , , , , , )

Dans Le Monde Magazine daté du 19 décembre, Jean Birnbaum consacre sa Pop’Philosophie de la semaine au dernier livre de Jacques Schlanger, Savoir être et autres savoirs, paru dans la collection Philosophie des Éditions Hermann, dont j’avais personnellement trouvé la lecture extrêmement stimulante, tant sa pensée est claire et tant son propos touche au primordial. D’ailleurs, avant que de citer l’article de Jean Birnbaum, je ne résiste pas à en donner un extrait dans lequel il explique la différence entre le plaisir et la joie :  » La joie survient en nous, elle nous envahit de l’intérieur de nous-mêmes, alors que le plaisir, que nous le poursuivions où qu’il survienne, nous vient de l’extérieur : j’ai du plaisir, je ressens de la joie. On ne peut pas  se procurer la joie, elle s’empare de nous, elle apparaît pour ainsi dire d’elle-même en nous. »

« Avertissement aux amateurs du développement personnel : il ne s’agit pas d’un guide pour devenir heureux en dix leçons. D’une plume savante et sereine, Schlanger revient plutôt, ici, sur deux problèmes classiques en philosophie : Qui suis-je ? et Que sais-je ? Afin de nouer ensemble ces questionnements, il décrit quelques situations cognitives, autrement dit des moments quotidiens qui mettent en jeu nos capacités mentales et notre puissance d’apprentissage. Je sais frémir, je sais nager, je sais lire, je sais conduire, je sais enseigner, je sais rire : bien qu’extrêmement divers, assure Schlanger, ces types de savoir forment une seule et même expérience. Surtout chacun d’entre-eux se déploie à partir d’une compétence primordiale : le savoir vivre. »

Jean Birnbaum, extrait de « Savoir vivre pour exister » in Le Monde Magazine, 19 décembre 2009

Pour contacter Jacques Schlanger, écrivez-moi à l’adresse suivante : daphnee.gravelat@editions-hermann.fr

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Une histoire de mouche

25 novembre 2009 at 13:35 (Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , , , , , )

« J’ai l’impression que cet après-midi nous avons enculé les mouches ». Cette phrase entendue par Jean Birnbaum au Forum Le Monde-Le Mans le 14 novembre lui a donné l’idée du thème de sa Pop’ Philosophie de la semaine (Le Monde Magazine, 21 novembre 2009) : Hegel et son Qui pense abstrait ? publié dans la collection Philosophie des Éditions Hermann en 2007. Pour mémoire, rappelons que l’ouvrage proposait une traduction inédite en français du texte par Ari Simhon ainsi qu’un commentaire intitulé Hegel sans secret écrit également par Ari Simhon.

L’hypothèse de Jean Birnbaum est la suivante : l’auteur de la petite phrase, le mécontent, se révoltait contre les débats de l’après-midi qui privilégiaient la pensée abstraite plutôt que la véritable pensée, s’inscrivant de facto dans le sillage de Hegel et de son essai, Qui pense abstrait ? :

« Publié vers 1807, ce bref texte raille les individus qui fuient la pensée « comme on détale devant un pestiféré ». Promenant son lecteur à travers une galerie de personnages (l’assassin à l’échafaud, la marchande d’oeufs, le bourgmestre…), il met en scène l’idée selon laquelle la pensée abstraite n’est pas celle qu’on croit. Dans la version allemande, cette pensée est curieusement désignée par le terme « espèce », en français dans le texte. Ici péjoratif, le mot renvoie à un moment naturel qu’il faut dépasser pour accéder à l’esprit universel. Contre l’intuition immédiate et le discours spontané, qui n’accèdent qu’à une seule dimension des choses, la vraie pensée concrète relève d’une réflexion en mouvement, apte à tenir l’ensemble des contradictions du réel. Pour le maître de la dialectique, donc, tandis que le préjugé commun se révèle abstrait, voire entaché d’un « maniérisme vide », rien n’est plus concret que le concept. »

Jean Birnbaum, « Hegel prend la mouche », Le Monde Magazine, 21 novembre 09

 

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Mon ami dans la nuit, une lecture du dernier livre de Laurent Dubreuil par Jean Birnbaum

8 octobre 2009 at 10:40 (Laurent Dubreuil-À force d'amitié, Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , , , , , , , , )

Le Monde Magazine-26 sept 09Mon ami dans la nuit, c’est le titre de la seconde Pop’Philosophie que Jean Birnbaum a consacré, dans la seconde livraison du tout nouveau  Monde Magazine, au livre de Laurent Dubreuil, À force d’amitié.

Le principe de la Pop’Philosophie : un billet d’humeur avec comme point de départ la lecture d’un livre de philosophie.

Dans le Monde Magazine daté du 26 septembre, c’était donc la lecture du livre de Laurent Dubreuil sur l’amitié le point de départ de la Pop’Philosophie de la semaine.

Vous trouverez ci-dessous un extrait :

« Ce jeune philosophe [Laurent Dubreuil] vient de publier un essai qui s’appelle À force d’amitié (Hermann). Sa thèse est simple : de l’Antiquité à nos jours, d’Aristote à Blanchot, la pensée occidentale a toujours voulu encadrer l’amitié, lui fixer des limites raisonnables, bref l’araisonner. S’élevant contre cette « relégation théorique », il entreprend de réhabiliter l’amitié dans ses élans excessifs, sauvages, l’amitié coup de foudre.

Couv DubreuilLa méthode est culottée. À la manière de Barthes dans Fragments d’un discours amoureux, Dubreuil mêle rêveries théoriques et scènes autobiographiques. (…) Il confie sa « nausée face à Facebook », où prolifèrent les faux amis. Sa plume convoque tel film de Tarkovski, telle série américaine ou telle chanson du rock anglais.  Par exemple, ce morceau intitulé Je vais faire un tour avec mon meilleur ami, dans lequel Martin Gore lance : « Regarde les étoiles comme elles brillent / Tout ira bien cette nuit ».

La nuit, décidément, tout part de là. Laurent Dubreuil s’y arrête lui aussi. C’est dans le nocturne, insiste-t-il, que l’amitié touche au sublime. Il rappelle  les nuits passées à discuter, jouer de la musique, s’enivrer, lire… »

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