Alain Veinstein a reçu Jacqueline Risset hier soir pour parler de son essai sur Proust

6 mai 2010 at 13:20 (Jacqueline Risset-Une certaine joie. Essai sur Proust, Littérature, Radio) (, , , , , , , , , , , , , )

Jacqueline Risset était hier soir, sur France Culture, l’invité d’Alain Veinstein dans un  Du jour au lendemain consacré à son dernier livre : Une certaine joie. Essai sur Proust.

Pour écouter l’émission, cliquez ici.

JACQUELINE RISSET – REPRISES :

La découverte de Proust :

« Ça a été une expérience totale, l’ouverture d’un monde, et en même temps une espèce de conditionnement. Je savais qu’il y avaient des choses que je ne pourrai plus penser, et que, notamment, je serai obligée à un pessimisme sur l’amour. Mais, j’étais frappée aussi par le fait que ce pessimisme si présent chez Proust était accompagné d’une capacité de joie extraordinaire. « Une certaine joie », c’est, d’ailleurs, une expression qu’il emploie dans le Carnet de 1908. »

L’écriture de l’essai :

« J’ai essayé d’écouter les points les plus actifs de l’œuvre de Proust. C’est, d’ailleurs, comme ça que je lis toujours, c’est-à-dire en essayant d’entendre ce que le texte lui-même dit. Ce qui produit une critique libre qui procède de l’intuition. »

La littérature critique proustienne :

« Une grande partie de la critique fait comme si Proust était le même du début à la fin. Or, il me semble, au contraire, qu’il y a vraiment des moments d’évolution dans lesquels sa vision s’approfondit à chaque fois. »

Proust et Freud :

« Pour moi, Proust est un autre Freud. Il fait faire des progrès dans le coeur humain au sens du XVIIème siècle, c’est-à-dire l’âme humaine, l’inconscient. Pour moi, Proust parle de l’inconscient. Il fait des recherches qui sont très parallèles et aussi tout à fait contemporaine de celles de Freud. C’est très impressionnant. »

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Catherine Malabou au chevet des « identités meurtries »

23 décembre 2009 at 14:10 (Bel Aujourd'hui, Catherine Malabou-La chambre du milieu, Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Pour Le Monde des Livres, Stéphane Legrand a rencontré la philosophe Catherine Malabou qui publient en même temps trois ouvrages : La Chambre du milieu. De Hegel au neuroscience dans la collection Le Bel Aujourd’hui des Éditions Hermann que dirige Danielle Cohen-Lévinas bien sûr ; mais aussi Changer de différence. Le féminin et la question philosophique aux Éditions Galilée ; et La Grande exclusion. L’urgence sociale, symptôme et thérapeutique, avec Xavier Emmanuelli, aux Éditions Bayard.

Pour Stéphane Legrand, il ne fait pas de doute que ces trois livres n’ont pas été publiés ensemble par hasard tant, pour lui, il évident qu’ils traitent à chacun à leur manière du même problème : les  « identités meurtries » : celles des grands traumatisés, des malades atteints de la maladie d’Alzheimer dans La Chambre du milieu ; celles des femmes (notamment en philosophie) dans Changer de différence ; et celle des victimes de l’exclusion sociale dans La Grande Exclusion.

Extrait du portrait de Catherine Malabou dans Le Mondes des Livres du 18 décembre 2009 :

« Catherine Malabou dira être née en Algérie, avouera être normalienne, évoquera la thèse sur Hegel qu’elle a rédigée sous la direction de Jacques Derrida (…). Pour le reste ?  « Vous savez, élude-t-elle, ma vie n’est pas très intéressante ». On se tourne alors vers ses concepts, et à l’évidence cela lui convient mieux. Celui de « plasticité » notamment, qu’elle a justement découvert chez Hegel et n’a cessé d’élaborer depuis, pour en explorer toutes les implications.

La plasticité, c’est l’aptitude à maintenir une identité tout en évoluant, en muant, en se transformant au contact de l’environnement et selon les aléas des circonstances. En neurologie, la plasticité cérébrale désigne la capacité qu’ont les synapses de moduler leur fonctionnement sous l’effet de l’expérience, donc de l’apprentissage, ce qui signifie que le cerveau n’est pas « rigide », mais évolutif, ouvert, en transformation constante.

Elle raconte en souriant que cette orientation décisive de son travail s’est dessinée initialement par un hasard : « J’étais tombée sur un numéro de La Recherche qui portait sur la mémoire, et dont l’un des articles évoquait la plasticité neuronale. Je me suis rendue compte que c’était exactement cela que je travaillais chez Hegel. »

Ce qui l’a intéressé dans cette rencontre fortuite, c’était d’y trouver « la traduction d’un concept dans les choses-mêmes », l’incarnation imprévue d’un pur objet de pensée dans un problème concret. Et c’est dans cette optique qu’elle a mené de nombreux travaux sur les neurosciences (c’est ce dont témoigne d’ailleurs La chambre du milieu. De Hegel aux neurosciences, Hermann, 2009), cherchant à traiter par ce biais un problème à la fois politique et métaphysique, celui de la liberté. Comment penser cette dernière comme, non pas conquise contre l’inertie physique et le déterminisme naturel, mais directement inscrite dans le corps, immanente aux replis de la matière ? »

À lire également :

l’entretien de Catherine Malabou avec Robert Maggiori dans Libération (cliquez ici)

le portrait de Catherine Malabou réalisé par Juliette Cerf pour Philosophie Magazine (cliquez ici)


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