« L’écrivain est celui qui a soin aux mots »

7 mars 2011 at 15:11 (Gérald Sfez-La langue cherchée) (, , , , , , , , , , , )

Le 24 février 2011, paraissait aux éditions Hermann La langue cherchée de Gérald Sfez. Ce professeur de philosophie en classe préparatoire au lycée La Bruyère de Versailles questionne la notion d’écriture de résistance. Selon lui, « l’écrivain est à la recherche d’une langue et l’hypothèse contemporaine est d’avoir associé cette « langue cherchée » à un geste de résistance. » Dès lors, il s’agira soit de résister contre la langue ou bien tout au contraire de résister avec elle pour son respect. Le livre se compose de deux parties : la première est un essai, la seconde donne la parole à Camus, Quignard et Michaux.

 

Le 27 février, Gérald Sfez était l’invité d’Antoine Perraud dans le cadre de l’émission Tire ta langue sur France Culture. Pendant une demi-heure, il a défendu l’idée selon laquelle résister dans la langue, c’est résister avec la langue et non contre elle. Selon lui, la langue cherchée, à savoir l’idiome de l’écrivain, est aussi celle d’une langue en amont de la langue commune ou ailleurs qu’elle. Il appartient à l’écrivain d’écrire dans une relation d’ambivalence à l’égard de sa langue. Camus disait : « L’homme refuse le monde tel qu’il est sans accepter d’y échapper. » D’où l’importance du lien que Gérald Sfez fait entre résistance et création qui est la clé de son ouvrage.

 

Le 4 mars, dans Les nouveaux chemins de la connaissance, Gérald Sfez était l’invité d’Adèle Van Reeth sur France Culture. L’idée d’une langue-pouvoir est l’occasion d’une question passionnante : contre quoi résiste-t-on ? « Pour définir la langue, il faut s’y attaquer » disait Deleuze. Gérald Sfez s’oppose à cette idée ; selon lui, l’écrivain est engagé dans une ambivalence. Dès lors, il s’agit de résister contre tout pouvoir d’oppression et contre ce qu’il y a d’oppressant à savoir la monotonie qui empêche la naissance de la parole singulière. En deuxième partie d’émission, Gérald Sfez s’est attaché à souligner la différence d’interprétation qui existe entre Deleuze et Lyotard. Deleuze met l’accent sur le rapport de l’écrivain à la langue étrangère alors que Lyotard souligne comment, comme le dit Proust, « les livres sont les enfants du silence » et comment on écrit en renouant avec la langue depuis une interruption.

Je vous conseille la lecture de ce très bel essai et l’écoute en podcast de ces deux émissions passionnantes.

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Jean-Louis Chédin nous explique la «surfinitude» sur France Culture

28 juin 2010 at 13:43 (Jean-Louis Chédin-Conscience et finitude, Philosophie, Radio) (, , , , , , , , , , , , )

Vendredi dernier, Jean-Louis Chédin, l’auteur de Conscience et finitude. L’hypothèse de la surfinitude, expliquait au micro des Nouveaux chemins de la connaissance, sur France Culture, le concept de « surfinitude », créé par lui pour dépasser l’opposition traditionnelle entre fini et infini.

Pour en savoir plus, je vous conseille d’écouter l’entretien qu’il a accordé à Adèle Van Reeth pour Le Journal des Nouveaux chemins et bien sûr de vous reporter à l’ouvrage qu’il vient de publier dans notre Collection Philosophie.

Arlette Farge et Jean-Louis Chédin / J.-M. ROUX©RADIO FRANCE

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Heinz Wismann, à propos des «Avatars du vide», sur France Culture

23 juin 2010 at 13:11 (Avatars du vide, Le Bel Aujourd'hui, Philosophie) (, , , , , , , , , , , )

Heinz Wismann, philosophe et philologue, auteur des Avatars du vide. Démocrite et les fondements de l’atomisme (collection Le Bel Aujourd’hui), était hier matin l’invité du Journal des Nouveaux chemins sur France Culture. Il s’est entretenu avec Adèle Van Reeth sur la question de l’atomisme telle que la conçoit Démocrite.

Pour écouter l’entretien, cliquez ici.

Gilbert Romeyer-Dherbey et Heinz Wismann / G. MOSNA-SAVOYE©RADIO FRANCE

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Judith Schlanger parle vocation dans « Les nouveaux chemins de la connaissance »

22 juin 2010 at 16:27 (Uncategorized) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Ce lundi, Judith Schlanger était l’invité du Journal des Nouveaux chemins sur France Culture, journal de l’actualité des publications philosophiques présenté par Adèle Van Reeth, pour parler de son dernier livre, paru le 18 juin dernier, dans la collection Hermann Philosophie, La Vocation.

Interrogée par Adèle Van Reeth sur ce qu’elle entendait par vocation, Judith Schlanger a expliqué :

« Chacun de nous a le droit d’avoir une vie qui lui ressemble, qui l’exprime, à laquelle il puisse s’identifier. Et, pour pouvoir s’identifier à son existence, il faut pouvoir s’identifier à son occupation, à son gagne-pain, à son travail. La vocation, c’est donc le rêve de pouvoir s’exprimer activement à travers son travail.  Il s’agit du rêve démocratique par excellence. Il nous porte tous mais rélève plus de l’idéal que de la réalité. »

Interrogée ensuite sur l’historicité de sa démarche, Judith Schlanger a rappelé :

Monique Dixsaut et Judith Schlanger / G. MOSNA-SAVOYE©RADIO FRANCE

« Cet idéal qui nous paraît aujourd’hui évident est un idéal relativement nouveau. La question de la vocation, qui est fondamentale dans l’Occident moderne et qui est la question même de l’individualisme démocratique, n’est apparue que vers la fin du XVIIIème siècle. Et ce, de manière diffuse. Des philosophes en ont parlé, des écrivains, des poètes. Mais sans jamais la théoriser. C’est un message que l’on ne peut pas résumer. Il n’y a pas de traité sur la vocation. Il ne peut y avoir qu’un ensemble de convictions. »

Pour conclure l’entretien, c’est la question du paradoxe contenue dans  la notion même de vocation que Judith Schlanger et Adèle Van Reeth ont abordée ensemble.

« Certes la promesse de la vocation est une promesse démocratique, certes elle concerne tout le monde, certes chacun devrait pouvoir avoir une vie dans laquelle il s’épanouit, mais les exemples de vocation réussie que l’on donne ne sont que des exemples exceptionnels : l’artiste, le grand savant. Il y a donc précisément un problème de démocratie. Tout le monde n’a pas des capacités géniales. Du coup, on ne sait plus très bien à quel désir attribuer le terme de vocation. S’il s’agit d’un désir de vie normal. Ou, si c’est un désir épique, héroïque, exceptionnel.»

Judith Schlanger in « Le journal des Nouveaux chemins », France Culture, 21 juin 2010.

Pour écouter l’émission dans son intégralité, cliquez ici.

Pour en savoir plus sur ce livre, consultez sa page de présentation sur le site des Éditions Hermann.

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Comprendre le phénomène de la croyance collective : l’exemple du Père Noël

16 décembre 2009 at 12:14 (Gérald Bronner-Vie et mort des croyances collectives, Radio, Société et pensées, Sociologie) (, , , , , , , , )

Ce mercredi, Gérald Bronner, sociologue, spécialiste des croyances et auteur de Vie et mort des croyances collectives paru, en 2006, dans la collection Société et Pensées qu’il dirige aux éditions Hermann, était l’invité  de Raphaël Enthoven pour un Nouveau Chemin de la connaissance consacré précisément aux  croyances collectives. Pour écouter l’émission, cliquez ici.

Tous deux se sont arrêtés pour donner à comprendre aux auditeurs le phénomène des croyances collectives sur un exemple qui est particulièrement d’actualité en ce mois de décembre et auquel Gérald Bronner consacre un chapitre dans son livre : celui du Père Noël.

« Il existe une croyance qui est l’objet d’une adhésion (presque) unanime et d’un rejet  (tout à fait) unanime : celle qui affirme l’existence du Père Noël. Même si je ne suis  pas le premier sociologue à m’intéresser  à ce personnage et aux rituels qui l’entourent, il me semble que nous avons là un terreau (…) vierge pour l’étude de la dynamique des croyances. Il offre, en effet, l’avantage de présenter une croyance indiscutablement fausse et un support pour nourrir les interrogations sur le mécanisme d’abandon de la croyance (…). Pourquoi les enfants croient-ils au Père Noël ? (…) Le premier des arguments, et celui qui vient immédiatement à l’esprit, est qu’à l’âge où on leur propose cette croyance, les enfants ne sont pas en mesure de la trouver douteuse, d’autant moins que leurs parents jouent presque toujours un rôle central dans sa diffusion et qu’ils sont naturellement investis par l’enfant d’une grande crédibilité. (…) En outre les parents ne sont pas les seuls dans ce complot, puisque les autres membres de la famille , les professeurs et même les autres enfants fréquentés dans les cours d’école semblent, dans un premier temps, croire. En résumé, avec l’argument que tous ne peuvent être unanimes dans l’erreur, l’enfant est ce qu’on peut appeler un monopole cognitif, c’est-à-dire qu’aucune offre cognitive concurrentielle ne se propose encore. Il n’a donc a priori aucune raison de ne pas endosser cette croyance, d’autant qu’elle apporte la solution à un problème mystérieux : qui apporte les cadeaux le jour de Noël ? »

Gérald Bronner, « Les croyances finissent par disparaître : l’exemple du Père Noël  » in Vie et mort des croyances collectives

Illustration : le Père Noël tel qu’il est représenté dans un publicité américaine des années 30


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« Cette année, l’événement de la rentrée littéraire est philosophique »

4 septembre 2009 at 17:55 (Philosophie, Presse écrite, Radio, Roger-Pol Droit-Les Philosophies d'ailleurs) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Couvertures Philosophies d'ailleurs« Cette année, l’événement de la rentrée littéraire sera philosophique », c’est ce que j’avais annoncé dans le dossier presse des deux volumes de Philosophies d’ailleurs envoyé aux journalistes à la fin du mois de juin. Et, il se révèle, pour la plus grande joie de nos éditions, que la formule n’est pas restée qu’une formule  : cette année, l’événement de la rentrée littéraire est bien philosophique.

Philosophie Magazine-septembre 09-couvertureEn effet, Philosophie Magazine a salué la parution de cette première anthologie des philosophies du monde avec un numéro spécial intitulé Quitter l’Occident. Le tour du monde des pensées d’ailleurs.

Je vous propose de télécharger ici le grand entretien que Roger-Pol Droit, le maître d’oeuvre des 2 volumes, a accordé à Martin Legros, rédacteur en chef adjoint de Philosophie Magazine, ainsi que, ici, le texte de présentation que la rédaction de Philosophie Magazine a consacré à l’ensemble du projet (cf. l’extrait ci-dessous) :

« Cinq ans de travail ont été nécessaires pour que soient achevés les deux tomes de Philosophies d’ailleurs (…) Ces deux volumes entendent réunir, sous forme d’extraits commentés, les passages incontournables des pensées indiennes, chinoises et tibétaines (tome 1) ainsi que des pensées hébraïques, arabes, persanes et égyptiennes (tome 2). Ils rendent ainsi possible un voyage intellectuel de l’Extrême et du Moyen-Orient. Sous la direction de Roger-Pol Droit, ces textes ont été introduits, sélectionnés et traduits par les meilleurs spécialistes : Michel Hulin et Marc Ballanfant pour l’Inde, François Jullien et Qi Chong pour la Chine, Matthew Kapstein et Stéphane Arguillière pour le Tibet, Raphaël Draï et Michaël Azoulay pour la tradition hébraïque, Christian Jambet pour le domaine arabe et persan, Serge Feneuille pour l’Égypte. »

Telerama - Les nouveaux chemins de la connaissanceRaphaël Enthoven, quant à lui, a fait sa rentrée sur France Culture avec une semaine Nouveaux Chemins de la Connaissance spéciale  Philosophies d’ailleurs.

Lundi 31 août : Les pensées indiennes avec Marc Ballanfant

Mardi 1er septembre : Les pensées tibétaine avec Stéphane Arguillière

Mercredi 2 septembre : Les pensées hébraïques avec Michaël Azoulay

Vendredi 4 septembre : Conclusion de la semaine avec Roger-Pol Droit

Enfin, Le Figaro littéraire nous a fait l’honneur  d’intégrer dans son numéro de la rentrée un compte rendu des deux volumes signé Paul-François Paoli.

Pour lui, les deux volumes sont : « un monument d’érudition mis à la disposition de ceux qui veulent y voir un peu plus clair dans les relations entre l’Orient et l’Occident ! »

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