Cet été, Éric Loret de Libé emportera sur la plage « L’Anthologie de la poésie érotique du Moyen Âge à nos jours »

12 juillet 2010 at 15:08 (Dans l'actu !, Giovanni Dotoli-Anthologie de la poésie érotique du Moyen Âge à nos jours, Presse écrite) (, , , , , , , , )

Jeudi dernier, dans  le dernier Cahier Livres de Libération avant l’été, vous avez pu retrouver les traditionnels conseils de lecture estivaux. Parmi eux, celui d’Éric Loret qui a choisi de présenter L’Anthologie de la poésie érotique du Moyen Âge à nos jours dirigée par Giovanni Dotoli et publiée récemment dans nos éditions. Qu’il en soit ici remercié.

Le volume est évidemment trop imposant (il comporte près de 1000 pages)  et trop précieux (il s’agit d’une édition de luxe) pour constituer une lecture de plage, en revanche, il égaiera sans nul doute, de façon agréablement polissonne, vos jours de pluie comme vos après-midi trop chaudes… Et il sera l’occasion de découvrir, comme l’écrit Éric Loret en son article,  « trente poètes contemporains, dont deux nouveaux venus, tel Emmanuel Bueno qui dans son texte Ecce homo mime les frustrations de l’homme moderne, excité et triste face aux fantômes sexuels d’internet… »

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« Homoparentalité : la psychanalyse peut-elle dire la norme ? » par Claude Rabant

28 mai 2010 at 11:43 (Claude Rabant-Métamorphoses de la mélancolie, Presse écrite, Psychanalyse) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

« Homoparentalité : la psychanalyse peut-elle dire la norme ? », tel est le titre de l’article que Claude Rabant, philosophe et psychanalyste, auteur du récent Métamorphoses de la mélancolie (Hermann Psychanalyse, mai 2010), a publié dans le Libération du 26 mai 2010.

Dans cet article, dénonçant les dérives de certains psychanalystes qui parlent volontiers d' »ordre symbolique« , de « norme symbolique« , et par conséquent, d’ « ordre sexuel » et de « norme sexuelle« ,  il remarque qu’ « Aujourd’hui, la stigmatisation sociale de l’homosexualité est remplacée par le souci de la santé mentale : le discours homophobe étant interdit, on affirme que l’homoparentalité rendra nos enfants fous. Mais le catastrophisme qui prédit, dans deux trois générations, des effondrements psychiques, témoigne d’une absence totale de sens historique et ignore la plasticité de la sexualité humaine. »

Or, comme il l’écrit plus loin, « On ne saurait nier qu’il y a une histoire de la sexualité, où les différentes modalités de la « différence » varient avec les pratiques, de sorte qu’aujourd’hui des différences jadis principales se trouvent secondarisées, et que la « biologie » ne peut plus être considérée purement et simplement comme source de normes éternelles, mais au contraire comme source de potentialités nouvelles. »

Pour lui, il ne fait pas de doute qu’il y a la même liberté de choix pour un parent face à l’énigme de la procréation que pour chaque individu face à l’énigme de sa propre sexualité.  Il écrit en ce sens : « Choix inconscient qui est l’autre nom du désir (…) On sait par expérience que, si le désir inconscient n’est pas à l’œuvre, il n’y aura jamais de procréation. Tel  est le symbolique : non point la norme, mais le désir inconscient. Et c’est bien du désir inconscient que naissent les enfants, non de la seule rencontre sexuelle. »

Claude Rabant nous rappelle donc, ce que certains semblent avoir oublié, que  la psychanalyse ne peut en aucun cas édicter la norme, qu’elle ne peut en aucun cas constituer un repère moral. En revanche, comme il l’écrit, dans le texte qu’il nous a offert pour présenter Métamorphoses de la mélancolie (voir le billet du 11 mai dernier), si elle n’est pas repère moral, elle est « boussole ». Une « boussole » dans « un monde où trop de crises, de catastrophes et de discours alarmistes nous font désespérer de l’homme». Une « boussole » à même, selon lui, de « nous aider à surmonter cette pente mélancolique qui règne en nous ». Une « boussole »  capable de nous « mettre en relation (…)  avec les forces vitales de [notre] inconscient ».

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Catherine Malabou au chevet des « identités meurtries »

23 décembre 2009 at 14:10 (Bel Aujourd'hui, Catherine Malabou-La chambre du milieu, Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Pour Le Monde des Livres, Stéphane Legrand a rencontré la philosophe Catherine Malabou qui publient en même temps trois ouvrages : La Chambre du milieu. De Hegel au neuroscience dans la collection Le Bel Aujourd’hui des Éditions Hermann que dirige Danielle Cohen-Lévinas bien sûr ; mais aussi Changer de différence. Le féminin et la question philosophique aux Éditions Galilée ; et La Grande exclusion. L’urgence sociale, symptôme et thérapeutique, avec Xavier Emmanuelli, aux Éditions Bayard.

Pour Stéphane Legrand, il ne fait pas de doute que ces trois livres n’ont pas été publiés ensemble par hasard tant, pour lui, il évident qu’ils traitent à chacun à leur manière du même problème : les  « identités meurtries » : celles des grands traumatisés, des malades atteints de la maladie d’Alzheimer dans La Chambre du milieu ; celles des femmes (notamment en philosophie) dans Changer de différence ; et celle des victimes de l’exclusion sociale dans La Grande Exclusion.

Extrait du portrait de Catherine Malabou dans Le Mondes des Livres du 18 décembre 2009 :

« Catherine Malabou dira être née en Algérie, avouera être normalienne, évoquera la thèse sur Hegel qu’elle a rédigée sous la direction de Jacques Derrida (…). Pour le reste ?  « Vous savez, élude-t-elle, ma vie n’est pas très intéressante ». On se tourne alors vers ses concepts, et à l’évidence cela lui convient mieux. Celui de « plasticité » notamment, qu’elle a justement découvert chez Hegel et n’a cessé d’élaborer depuis, pour en explorer toutes les implications.

La plasticité, c’est l’aptitude à maintenir une identité tout en évoluant, en muant, en se transformant au contact de l’environnement et selon les aléas des circonstances. En neurologie, la plasticité cérébrale désigne la capacité qu’ont les synapses de moduler leur fonctionnement sous l’effet de l’expérience, donc de l’apprentissage, ce qui signifie que le cerveau n’est pas « rigide », mais évolutif, ouvert, en transformation constante.

Elle raconte en souriant que cette orientation décisive de son travail s’est dessinée initialement par un hasard : « J’étais tombée sur un numéro de La Recherche qui portait sur la mémoire, et dont l’un des articles évoquait la plasticité neuronale. Je me suis rendue compte que c’était exactement cela que je travaillais chez Hegel. »

Ce qui l’a intéressé dans cette rencontre fortuite, c’était d’y trouver « la traduction d’un concept dans les choses-mêmes », l’incarnation imprévue d’un pur objet de pensée dans un problème concret. Et c’est dans cette optique qu’elle a mené de nombreux travaux sur les neurosciences (c’est ce dont témoigne d’ailleurs La chambre du milieu. De Hegel aux neurosciences, Hermann, 2009), cherchant à traiter par ce biais un problème à la fois politique et métaphysique, celui de la liberté. Comment penser cette dernière comme, non pas conquise contre l’inertie physique et le déterminisme naturel, mais directement inscrite dans le corps, immanente aux replis de la matière ? »

À lire également :

l’entretien de Catherine Malabou avec Robert Maggiori dans Libération (cliquez ici)

le portrait de Catherine Malabou réalisé par Juliette Cerf pour Philosophie Magazine (cliquez ici)


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« Le régime de l’image » par Martin Rueff, de Deguy à Berlusconi…

6 octobre 2009 at 16:44 (Bel Aujourd'hui, Martin Rueff-Différence et identité, Philosophie, poésie, Présentation-Signature, Presse écrite, Radio, Télévision, Video) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Martin Rueff-Ce soir ou jamais-5 octobre 2009Martin Rueff, qui vient de publier, dans la collection Le Bel Aujourd’hui que dirige Danielle Cohen-Levinas, un ouvrage consacré à l’oeuvre poétique de Michel Deguy intitulé Différence et Identité. Michel Deguy, situation d’un poète lyrique à l’apogée du capitalisme culturel, est, depuis quelques semaines, un de ceux qui dénoncent, sur la scène médiatique française, la politique spectacle de Silvio  Berlusconi.

Il était hier soir l’invité de Frédéric Tadd pour commenter, dans le cadre de la Séquence du jour de Ce soir ou jamais, les images de la bande-annonce du  documentaire de Erik Gandini, Videocracy, qui raconte comment la télévision privée a changé l’Italie de ces trente dernières années.

Pour visionner la vidéo de l’émission, cliquez ici.

Et, le 17 septembre, il écrivait, dans Libération, une tribune libre intitulée Berlusconi, l’homme qui a mis le spectacle à la place de la politique, dont voici un extrait :

« Berlusconi n’aime pas la politique. Il n’aime pas les idées, il n’aime pas les livres, il n’aime pas les discours. Il incarne en ce sens une figure décisive de la société du spectacle. Quand on a tout transformé en spectacle, le discours ne vaut plus rien. Le discours révèle sans montrer, il approche du réel sans prétendre le doubler ou le remplacer, il en dénonce les complexités, les contradictions, les surimpressions, l’épaisseur historique. C’est donc le discours qu’il faut taire en le remplaçant par des images. C’est la logique qu’il faut détruire par la spécularisation du réel : jamais censure n’aura été si parfaite. »

Or, écrivant cela, Martin Rueff rejoint précisément le 7 ème point du chapitre de son livre, Différence et identité, consacré au culturel et intitulé « Le régime de l’image, organon et puissance culturel« . Je vous propose également ici d’en lire un extrait :

« Si le culturel impose l’empire des mauvaises duplications et le trafic des doubles, l’image est son organon. Il l’impose, elle le masque. Deguy est proche ici de Debord : selon ce dernier, le capitalisme en sa forme ultime se présente comme une immense accumulation de spectacles où tout ce qui était immédiatement vécu s’est éloigné dans la représentation. Pourtant, loin que le spectacle coïncide simplement avec la sphère des images, il « constitue un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images ». La formule est devenue célèbre : « le spectacle est le capital parvenu à un tel degré d’accumulation qu’il devient image ». »

Pour en savoir plus  sur l’ouvrage :

la critique de Jean-Claude Pinson

le compte rendu de Ronald Klapka

l’article d’Aliocha Wald Lasowski paru dans L’Humanité du 5 octobre 2009

Par ailleurs, Martin Rueff sera au Petit Palais, en compagnie de Michel Deguy, le mercredi 28 octobre 2009, de 13h à 15h, dans le cadre des rencontres publiques organisées par la Maison des Écrivains, pour débattre de la question « La poésie, pour quoi faire ?« . La rencontre sera diffusée sur France Culture le 16 novembre. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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« L’école et son double » dans MARIANNE le 16 mai 2009

18 mai 2009 at 12:10 (École, Nathalie Bulle-L'école et son double, Presse écrite, Sociologie) (, , , , , , , , , , , , , , , )

Marianne-16 mai 09

 

Pour l’hebdomadaire Marianne, le meilleur essai de la semaine est  L’école et son double de Nathalie Bulle.


Natacha Polony, en charge des pages « Éducation » pour l’hebdomadaire, écrit à son propos :

« On pensait que les sciences de l’éducation avaient gagné. Même si elles étaient critiquées  pour leurs conséquences calamiteuses, elles avaient le monopole du discours sociologique. 

Et puis arrive le livre de Nathalie Bulle. Un travail sociologique sérieux, une étude méthodique et implacable de la redéfinition des objectifs de l’école qui a abouti à sa destruction.

En remontant aux sources, elle démontre que les théories qui président aux destinées de notre système scolaire rénové reposent sur des présupposés faux et que l’apprentissage par l’imprégnation et le plaisir, plutôt que par l’effort, ne pouvait aboutir qu’au désastre. »

 

Pour en savoir plus, vous pouvez vous reporter au dossier de presse du livre.

 

À lire également :

le débat sur le forum du site de France 2

la lecture d’une enseignante sur le site Obiwi

le compte rendu de Jean-Paul Brighelli, professeur agrégé de Lettres et auteur de La fabrique du crétin. La mort programmé de l’école, sur le site de Marianne

l’article de Nathalie Bulle sur la formation des enseignants sur le site du Nouvel Observateur 

la tribune de Nathalie Bulle consacrée à la phobie de l’échec scolaire sur le site de Libération

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« Ni chose ni personne » dans LIBÉRATION le 14 mai 2009

14 mai 2009 at 12:54 (Bernard Edelman-Ni chose ni personne, Bioéthique, Philosophie, Presse écrite) (, , , , , , )

Dans le Cahier Livres du Libération de ce jour, Robert Maggiori chronique Ni chose ni personne de Bernard Edelman.Libération-14 mai 09

En voici un extrait :

Il y a encore peu, malgré les «animaux machines » de Descartes, tout était clair : d’un côté il y avait les «choses » brevetables, de l’autre les «personnes », et, au milieu, les plantes et les animaux,dont certains étaient éventuellement utilisables comme « outils » mais irréductibles à des « choses ». Depuis, « le vivant animal a fait son entrée sur la scène du brevet », et est née la biotechnologie. En 1987, les États-Unis déclarent brevetables « tous les organismes vivants pluricellulaires non humains et non préexistants dans la nature, y compris les animaux qui sont les produits de l’ingéniosité humaine ». Et l’homme ? A-t-il un corps comme il « a »une maison ou un vélo ? Ses cellules sont-elles des « choses » ? Est-il propriétaire de ses organes, de ses « matières », de son sperme, de son plasma, de son liquide amniotique, de ses codes ADN ? C’est cette question qu’éclaire Bernard Edelman dans Ni chose, ni personne – titre qui explicite la thèse : le corps de l’homme n’est pas encore tout à fait une chose, bien qu’il soit déjà « un gisement de valeur, composé d’organes et de cellules qu’on peut vendre, louer, breveter », mais il n’est déjà plus tout à fait (d’)une personne. « Machine vivante ». Bernard Edelman a assurément une « tête philosophique » – on lui doit entre autres La maison de Kant ou Nietzsche, un continent perdu –, mais des « pieds » collés à la réalité, notamment celle, humaine, très humaine, qui se laisse voir sans fards dans les tribunaux et les cours de justice. Il est avocat, spécialiste du droit d’auteur, du droit de la presse, du droit de la personnalité. Et c’est justement l’approche toute juridique qui donne à Ni chose, ni personne son originalité. Dans mille ouvrages de philosophie, de morale, de psychologie, de sociologie, on trouve des développements sur la « choséification » de l’homme ou sa « marchandisation ». (…) Mais on avait rarement montré de façon aussi nette comment, par tel décret, telle décision de justice faisant jurisprudence, tel article de loi, s’est réalisée la « fabrication juridique du vivant », comment (depuis le Plant Act américain de 1930), on est passé de la mutation du végétal en « machine vivante » à la transformation de microorganismes animaux en « outils » brevetés, commercialisés, et, enfin, à la biologisation du corps humain. (…) Edelman parle beaucoup du cadavre, qui retrouverait le statut d’ « objet sacré » progressivement ôté au corps vivant. (…) Les statuts juridiques du fœtus, de l’enfant mort-né, de l’enfant sans vie, sont aussi abordés. Mais l’essentiel de Ni chose, ni personne, est cependant consacré au corps vivant, dont on se demande s’il est encore « nous-mêmes ». (…)  Edelman s’en réfère toujours à des cas juridiques. Le droit se révèle alors comme un sismographe des mutations sociales, morales, culturelles, enregistrées à travers la progressive « dépossession » du corps. Sommes-nous notre corps, si celui-ci peut désormais s’exploiter « hors de nous », constituer un marché, transporter ailleurs notre identité (qui est le visage greffé sur le visage, détruit d’un autre ?), se combiner à des « pièces » animales, voire informatiques, pour donner des « chimères d’un nouveau genre » ?

Pour lire l’article en intégralité, cliquez ici.

Pour en savoir plus sur Ni chose ni personne, consultez le dossier de presse du livre.

 

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