Quels sont nos mythes d’aujourd’hui ?

25 janvier 2010 at 13:53 (Gérald Bronner-Vie et mort des croyances collectives, Société et pensées, Sociologie) (, , , , , , , , , , , , , , )

Dans l’édition du Figaro daté de ce jour, Isabelle Lasserre signe un article consacré aux récits mythiques à l’oeuvre dans nos sociétés contemporaines.

Pour nourrir sa réflexion, elle a fait appel au  sociologue Gérald Bronner, spécialiste des croyances collectives et auteur, dans la collection de sociologie qu’il dirige aux éditions Hermann,  de Vie et mort des croyances collectives.

Je vous propose de lire ci-dessous un extrait de l’article :

« Longtemps limités à une région ou à un pays, les mythes sont désormais devenus mondiaux et transcendent les frontières. « Auparavant concentrés sur les minorités (Juifs, gitans, francs-maçons), ils se polarisent aujourd’hui sur un nouvel acteur, les États-Unis, qui représentent la force centrale, l’expression du pouvoir occidentale », explique Gérald Bronner.

Pour le sociologue, l’époque contemporaine est particulièrement favorable à  leur développement. « Il y a, dans nos sociétés occidentales, un désaveu de la parole officielle et une suspicion généralisée de l’expertise et de l’innovation scientifique. » Deux particularités auxquelles il faut, selon lui, ajouter le développement des idées « anticapitalistes » et la « libération du marché cognitif » avec l’explosion des radios, des télévisions et la généralisation d’Internet. « Il est de plus en plus difficile de cacher les choses et les complots. Mais paradoxalement, comme tout finit par se savoir, y compris les mensonges, le sentiment que l’on nous ment se développe. »

Le sociologue voit aujourd’hui un autre grand mythe prendre le pas sur ceux qui entourent le 11 septembre : le « précautionnisme« , c’est-à-dire le principe de précaution poussé à l’extrême. »


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Comprendre le phénomène de la croyance collective : l’exemple du Père Noël

16 décembre 2009 at 12:14 (Gérald Bronner-Vie et mort des croyances collectives, Radio, Société et pensées, Sociologie) (, , , , , , , , )

Ce mercredi, Gérald Bronner, sociologue, spécialiste des croyances et auteur de Vie et mort des croyances collectives paru, en 2006, dans la collection Société et Pensées qu’il dirige aux éditions Hermann, était l’invité  de Raphaël Enthoven pour un Nouveau Chemin de la connaissance consacré précisément aux  croyances collectives. Pour écouter l’émission, cliquez ici.

Tous deux se sont arrêtés pour donner à comprendre aux auditeurs le phénomène des croyances collectives sur un exemple qui est particulièrement d’actualité en ce mois de décembre et auquel Gérald Bronner consacre un chapitre dans son livre : celui du Père Noël.

« Il existe une croyance qui est l’objet d’une adhésion (presque) unanime et d’un rejet  (tout à fait) unanime : celle qui affirme l’existence du Père Noël. Même si je ne suis  pas le premier sociologue à m’intéresser  à ce personnage et aux rituels qui l’entourent, il me semble que nous avons là un terreau (…) vierge pour l’étude de la dynamique des croyances. Il offre, en effet, l’avantage de présenter une croyance indiscutablement fausse et un support pour nourrir les interrogations sur le mécanisme d’abandon de la croyance (…). Pourquoi les enfants croient-ils au Père Noël ? (…) Le premier des arguments, et celui qui vient immédiatement à l’esprit, est qu’à l’âge où on leur propose cette croyance, les enfants ne sont pas en mesure de la trouver douteuse, d’autant moins que leurs parents jouent presque toujours un rôle central dans sa diffusion et qu’ils sont naturellement investis par l’enfant d’une grande crédibilité. (…) En outre les parents ne sont pas les seuls dans ce complot, puisque les autres membres de la famille , les professeurs et même les autres enfants fréquentés dans les cours d’école semblent, dans un premier temps, croire. En résumé, avec l’argument que tous ne peuvent être unanimes dans l’erreur, l’enfant est ce qu’on peut appeler un monopole cognitif, c’est-à-dire qu’aucune offre cognitive concurrentielle ne se propose encore. Il n’a donc a priori aucune raison de ne pas endosser cette croyance, d’autant qu’elle apporte la solution à un problème mystérieux : qui apporte les cadeaux le jour de Noël ? »

Gérald Bronner, « Les croyances finissent par disparaître : l’exemple du Père Noël  » in Vie et mort des croyances collectives

Illustration : le Père Noël tel qu’il est représenté dans un publicité américaine des années 30


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L’auteur de « L’école et son double » réagit dans « Le Figaro » à la réforme de l’enseignement de l’histoire-géographie

16 décembre 2009 at 10:53 (École, Nathalie Bulle-L'école et son double, Presse écrite, Société et pensées, Sociologie) (, , , , , , , , , , )

Nathalie Bulle, sociologue au CNRS, spécialiste des questions d’éducation et auteur de  L’école et son double qui a paru en février dernier, dans la collection Société et Pensées que dirige Gérard Bronner aux éditions Hermann,  a réagi ce lundi dans Le Figaro à la réforme de l’enseignement de l’histoire-géographie.

« Faire de l’histoire-géographie une option en terminale S, par la réforme du lycée, met en péril la conscience civique et l’esprit critique de ceux qui auront eu tort d’aimer les sciences ou d’espérer à travers elles un avenir plus sûr. (…)

Depuis plusieurs décennies déjà, la qualité des formations intellectuelles et culturelles des élèves français n’est plus un enjeu pour les politiques éducatives. (…) Nos enfants apprendront à bien se tenir et à effectuer des recherches sur Google, mais n’auront plus les moyens de comprendre une théorie scientifique. Ces croyances sont commodes pour les politiques, car elles donnent l’illusion de la démocratie. Les compétences semblent dépasser les frontières culturelles, être universelles. Elles sont instrumentales, passent pour socialement utiles. (…) Acquises par la pratique et l’expérience, elles légitiment les soustractions des horaires des disciplines. Ainsi s’est installé en France un anti-intellectualisme éducatif particulièrement dangereux. »

Nathalie Bulle, « Histoire-géographie : un pas vers la barbarie ? » in Le Figaro, 14 décembre 2009

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Gérald Bronner dans « Ce soir ou jamais » le 19 mai 2009

20 mai 2009 at 16:57 (Gérald Bronner-Vie et mort des croyances collectives, Sociologie, Télévision) (, , , , , , , , , , , , , , )

Hier soir, Gérald Bronner, sociologue des croyances et auteur, dans la collection « Société et Pensées » des Éditions Hermann – qu’il dirige depuis 2005, de Vie et mort des croyances collectives, était sur le plateau de Ce soir ou jamais pour participer à un débat sur les sectes.Image 1

Le débat était tout particulièrement d’actualité puisque, ce mardi, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) a rendu son rapport annuel au Premier Ministre, François Fillon ; et,  que, lundi prochain, l’Église de Scientologie devra répondre devant le Tribunal correctionnel de Paris  « d’escroquerie en bande organisée« .

La question posée par Frédéric Taddéï aux invités était la suivante : Contre quoi lutte-t-on quand on lutte contre les sectes ? Pour y répondre, outre Gérald Bronner, Georges Fenech, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), Olivier Bobineau, membre du Groupe Sociétés, Religions, Laïcité de l’École pratique des hautes Études, Nathalie Luca, chargée de recherche au Centre d’Études interdisciplinaires des faits religieux de l’École des hautes Études en Sciences sociales.

Pour regarder l’émission, cliquer ici.

Pour en savoir plus sur le livre de Gérald Bronner.

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